Le Goncourt 2001 pour Rufin

Le prix Goncourt est le prix le plus prisé en France parce que l’enjeu est de taille, c’est le prix le plus vendeur. Chaque année, invariablement, il fait le bonheur de sa maison d’édition en se vendant à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. C’est aussi le plus controversé parce que selon le milieu littéraire, il est «truqué», connu d’avance, politiquement correct. Cette année, étaient en compétition deux romans antagonistes, «Plate-Forme » de Michel Houllebecq qui a soulevé moult polémiques et indignation, et « Rouge Brésil» de Jean-Christophe Rufin, tout à fait au goût du jour dans le politiquement correct. En 1998, Michel Houllebecq était déjà candidat au Goncourt avec «Les particules élémentaires», grand succès public, considéré comme avant-gardiste et de plain pied dans la modernité à la française. C’est Paule Constant qui a eu le Goncourt. Pour le premier Goncourt du vingt et unième siècle en 2001, le président de l’Académie Goncourt décide de soutenir Houllebecq. Celui-ci tient des propos provocateurs et à caractère raciste fortement déplaisants sur l’Islam et les Musulmans. Quand l’attentat du 11 septembre a eu lieu, Houllebecq est candidat au prix. Mais plus pour longtemps. Il en est exclu dès la deuxième sélection. Et c’est Jean-Christophe Rufin qui obtient le prix pour «Rouge Brésil». Jean-Christophe Rufin se déclare «obsédé par la question de la première rencontre entre des civilisations différentes, cet instant de la découverte qui contient en germe toutes les passions et tous les malentendus à naître ». Un roman dont la trame se situe en pleine Renaissance. Un épisode peu connu de la conquête du Brésil par la France. Épisode qui donna naissance au chapitre des Essais de Montaigne sur les cannibales et au mythe du bon sauvage de Rousseau. L’auteur a choisi de raconter cette péripétie historique de la bouche de deux enfants, Just et Colombe qui sont censés servir d’interprètes auprès des tribus indiennes. Pour l’éditeur, «Les événements du récit sont le huis clos dramatique de cette France des Tropiques qui sera une répétition générale, avec dix ans d’avance, des guerres de religion». Jean-Christophe Rufin est né en 1952. Il est docteur en médecine et diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques, ancien directeur médical d’Action Internationale contre la faim, ancien vice-président de Médecins sans frontières.

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