Le petit musée dans la prairie

Le petit musée dans la prairie

En pleine campagne de Khénifra à Lekbab un musée des arts et de la culture est né. Il vient s’ajouter aux quelques musées que compte le Maroc. Un décor rupestre, une construction traditionnelle en pisé sont les ingrédients essentiels de ce musée.
D’après les documents officiels, l’idée du musée est prévue dans le projet de développement humain à Khénifra. Ce projet est conduit en partenariat entre l’association Oued Srou de Khénifra et l’ONG italienne COSPE. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la promotion du développement local à travers la valorisation du patrimoine culturel, environnemental et du savoir-faire locaux.
Le budget pour la construction de ce musée est de 1million de Dirhams en ce qui concerne le financement étranger. Côté contribution marocaine celle-ci n’a pas encore été chiffrée. Selon Mohammed Charafi, vice-président de l’Association Oued Srou, : «l’objectif de ce musée est de mettre en valeur la construction traditionnelle qui peut faire face aux aléas climatiques de la région». En effet, de nos jours la mode est à la construction en béton armé. C’est une tendance de plus en plus répandue, et ce aux dépens des techniques anciennes comme le pisé. Ceci tout en sachant que les conditions climatiques, environnementales et sociales à Khénifra, rendent les matériaux comme le ciment inadéquats et très coûteux. Sans oublier que les techniques traditionnelles ont plusieurs avantages, ces derniers se développent et se renouvellent.
Ceci en utilisant un savoir-faire partagé et transmis à travers les générations et les coutumes. Elles représentent un véritable patrimoine culturel à sauvegarder. C’est principalement cette raison qui a poussé les initiateurs du projet à utiliser les techniques traditionnelles pour construire le musée.
Les techniques de construction sont traditionnelles et améliorées. Elles ne provoquent presque aucun impact négatif sur l’environnement. Le musée en soi est une sorte d’objet de valeur car il fait renaître les techniques traditionnelles de construction bio-écologiques qui mettent en avant le savoir-faire ancestral tout en utilisant la nouvelle technologie. Ainsi, le musée qui ne possède pas encore de statut officiel, développera un rôle de prise de conscience des problématiques de l’environnement ainsi que de la valorisation de la culture locale. A cet effet, le musée possède plusieurs espaces : un lieu d’exposition, un centre de documentation de la culture locale, un espace de formation, un centre de production artisanale ainsi qu’un point d’information touristique ainsi qu’un carrefour associatif. En outre, la culture locale sera matérialisée par divers supports : audiovisuels, objets, et documents historiques. «Des documents qui pourront être consultés par tous les chercheurs désireux de découvrir la culture locale et de s’approffondir» déclare Mohammed Charafi. Et d’ajouter : «Il pourront venir y chercher toutes sortes de bibliographies, autant écrites qu’audiovisuelle». Cet espace sera ouvert aux chercheurs mais aussi à la population locale. Des manifestations seront organisées bientôt et ouvert au large public..
Concernant la gestion du lieu, M.Charafi a tenu à souligner que l’entrée sera payante mais à un prix symbolique, ce sera uniquement sous forme de petite contribution. En effet, le musée devra être maintenu et le personnel rémunéré. Il est donc presque vital que les visiteurs apportent leur contribution. Plusieurs visiteurs se sont déplacés lundi dernier lors de l’inauguration pour voir la construction, elle est en elle même selon Mohammed Charafi : «une exposition en plein air». L’architecture de ce bâtiment a été réalisée par Aziz Lahmouz en consultation avec une architecte italienne.
En somme, selon les propos de Mohammed Charafi : «le musée des arts et de la culture» de Khénifra n’est pas musée figé dans le temps, les objets qui y sont exposés n’auront d’importance que dans le cadre de l’évolution du musée». C’est un musée qui bouge dans le temps.

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