Le Printemps musical d’Essaouira

«La totalité des recettes du festival international de musique classique d’Essaouira sera versée au Croissant rouge palestinien». C’est en ces termes que André Azoulay, président de la fondation Alizés qui organise le «Printemps musical des alizés» du 18 au 21 avril à Essaouira, a tenu à marquer sa solidarité avec «la tragédie que vit le peuple palestinien».
Des espaces seront à cet effet ouverts dans plusieurs lieux de la ville pour la collecte des dons qui iront à Ramallah et à Gaza. C’est en raison de cela que l’entrée à un certain nombre de spectacles sera payante cette année, contrairement à l’édition de l’année précédente. Essaouira envoie ainsi un symbole fort de son attachement à la paix et de sa «solidarité avec la Palestine dans le calvaire qu’elle vit aujourd’hui» a confié Azoulay à ALM. Et d’ajouter : «j’espère que l’on sera sensible à ce message».
Les événements de la Palestine pèsent ainsi sur un festival qui se déroule dans une ville où les communautés musulmane et juive ont toujours vécu en harmonie. Ses initiateurs dénoncent ouvertement la politique de Sharon et convient en plus un pianiste palestinien pour y participer. « Le fait qu’il soit avec nous, dans ce contexte, nous fait très chaud au coeur et il saura trouver les notes et les mots justes pour donner corps à notre solidarité et à notre émotion partagée », a précisé André Azoulay. Par ailleurs, le «Printemps musical des alizés» est dédié à la musique de chambre.
La prédominance instrumentale qui caractérise cette musique ne signifie pas que ce festival occulte le chant. C’est ainsi que des «lieder» germaniques, de Schubert, Schumann et Malher, seront interprétés par des cantatrices de renom.
À signaler la présence de Marie-Christine Barrault qui va se produire dans un spectacle intitulé «Liturgies pour un monde de Paix». Elle va interpréter des textes sacrés et profanes participant des trois religions monothéistes. D’autres trios et quatuors, connus dans le monde, seront présents. Il suffit de citer le quatuor Parisii pour s’en rendre compte. Le compositeur américain J. Hartway a en plus créé une composition spécialement pour ce festival. Intitulée «Images of Mogador», cette composition pour harpe, flûte et alto, sera jouée par le trio Woodland dont tous les membres appartiennent à l’Orchestre symphonique de Detroit. Mohammed Ennaji, directeur du festival, a insisté dans ce sens sur la qualité des ensembles qui se produiront à Essaouira. «C’est un festival international de musique classique dont la renommée est vouée à s’accroître en très peu de temps» dit-il. Au demeurant, ce festival restera fidèle à l’esprit de la musique de chambre qui est réservée à l’intimité des demeures privées. C’est ainsi que la majorité des concerts se dérouleront dans des riads et à l’église de la ville.
À côté de ce festival, une académie de musique Alizés, parrainée par la BMCI et la Fondation BNP Paribas, sera créée. Ouverte aux professeurs de musique, aux instrumentalistes professionnels et aux élèves, cette académie va assurer à 80 personnes une formation gratuite et un encadrement de haut niveau par des professeurs de renom.
Du reste, André Azoulay a insisté sur le fait qu’Essaouira a choisi de se développer par la culture. Il a rappelé que la ville fait en cinq jours, pendant le festival des musiques du monde, un chiffre d’affaires équivalent à celui du reste de l’année. C’est pour cette raison qu’il a été décidé d’organiser un festival par trimestre dans cette ville. La couleur du prochain rendez-vous a déjà été annoncée : les Andalousies. Il se déroulera les 3, 4 et 5 octobre et comprendra, en plus de la musique andalouse, des activités relatives à la danse, à la peinture et au cinéma. Essaouira, récemment inscrite sur la liste du patrimoine universel par l’UNESCO, semble plus que jamais déterminée à consolider sa vocation culturelle.

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