Le Royal Golf de Tanger, un patrimoine sportif en péril

Le Royal Golf de Tanger, un patrimoine sportif en péril

Le prestigieux Royal Golf de Tanger est menacé de disparition. Inauguré en 1917, ce très beau site historique risque de perdre une grande partie de ses terrains estimée à plus de 19 ha. Laquelle abrite entre autres des parcours de golf qui pourraient se convertir en constructions massives. «Personne n’aurait jamais cru que ce lot de terrains soit la propriété des particuliers. Le Royal Golf constitue en sa totalité un patrimoine historique et sportif appartenant à la ville», confie le secrétaire général du Royal country club de Tanger, Mansour Kadour. Cette affaire a refait surface il y a peu de temps lorsque les responsables gestionnaires du Royal Golf ont reçu, le 18 août dernier, un avis du tribunal de première instance leur faisant part que des particuliers ont déposé une réquisition avec un titre foncier établi n°105631/06 pour ledit lot de terrain. Cet avis, selon eux, enjoint au comité du club de quitter ce terrain qui constitue presque le tiers de la totalité de la superficie du Royal Golf de Tanger, sous peine d’une amende de 5.000 DH par jour. La première audience à laquelle sont convoquées toutes les parties a été fixée «quatre ou cinq jours seulement après la date de la réception de l’avis du tribunal. C’était la période des vacances. Et il nous était très difficile de réunir les membres du club. Mais nous avons pu charger un avocat, qui est en même temps membre du club, pour défendre nos intérêts. Il a réussi à reporter l’audience au 23 septembre. La commune urbaine, la plus concernée dans cette affaire, sera représentée par son avocat», précise M. Kadour. Et de faire remarquer que ce lot de terrains objet du litige «a été acheté en 1970 par la municipalité de Tanger et fait depuis partie des terrains du golf». Par ailleurs, des documents sont communiqués par le Royal country club de Tanger à la presse pour éclairer l’opinion publique sur le danger qui menace le Royal Golf et pour être solidaires à leur cause. Ils indiquent que ce lot de terrains a été vendu par Feu le Prince Moulay Hassan Azizi à la municipalité de Tanger pour une valeur de 707.575 DH et que l’acte de vente a été publié au Bulletin officiel n°3016 en date du 19 août 1970. Les mêmes données font part que la municipalité de Tanger a payé, à l’époque, les droits d’enregistrement pour une somme de 116.787,75 DH. Il faut préciser que les autorités et les anciens conseils municipaux de la ville ont toujours accordé un grand intérêt à la préservation et la sauvegarde de ce patrimoine historique et écologique. «Du fait que Feu SM le Roi Hassan II aimait jouer au Royal Golf de Tanger. Il avait l’habitude d’inviter les Souverains et Chefs d’Etat à y pratiquer le golf», dit avec fierté le caddy master, Si Mohamed, qui travaille depuis 40 ans au Royal Golf de Tanger. Mais quelle est la cause de ce grand retard pour l’établissement de l’acte de vente de ce terrain ? Les responsables justifient ce retard par la lenteur des procédures administratives et le manque de moyens dont souffraient les anciens conseils municipaux. «Alors que les soi-disant héritiers de ce terrain ont pu réaliser cet acte dans un temps record», lance M. Kadour. Situé à près de trois kilomètres du centre-ville, plus précisément dans le quartier Boubana, le Royal Golf de Tanger est considéré comme le plus ancien terrain golf au Maroc et en Afrique. Il a été rénové et modernisé mais il garde toujours son ancien aspect anglo-saxon avec ses 18 trous. Les visiteurs peuvent y apprécier en toute quiétude un paysage grandiose de petites collines verdoyantes offrant une vue panoramique de Tanger. Et la perte de ce lot de terrains en litige met en péril «un important patrimoine historique, environnemental, écologique et sportif. Car ces 19 ha de terrain comportent entre autres une partie du parcours n°2, les deux parcours n°2 et 3 ainsi qu’une partie du parcours n°5 et une autre partie du parcours n°7», précise M. Kadour. Présidé par l’ancien président du conseil de la ville, Dahmane Derham, le Royal country club de Tanger compte quelque 300 adhérents. Il a vu évoluer plusieurs golfeurs dont le grand joueur marocain Younès El Hassani. Le club compte 80 caddies originaires des quartiers avoisinants. En plus des passionnés du golf et les adhérents du Royal country club de Tanger, «tous les habitants de la ville doivent se mobiliser pour protéger ce patrimoine», souligne M. Derham. Notons qu’un site Web sera bientôt créé par le Royal country club pour lancer un appel à tous les Marocains pour se joindre à la cause de toute une ville: empêcher la disparition de son golf. Des lettres de protestation seront envoyées par les responsables du Club aux ministères concernés et à la Fédération royale marocaine de golf (FRMG). «Si cela n’aboutit pas, nous serons amenés à saisir le Cabinet royal pour solliciter l’arbitrage de SM le Roi», a conclu M. Derham.

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