Les artistes découvrent la lune

Les artistes découvrent la lune

Pour fêter l’entrée en vigueur de la couverture médicale pour les artistes, une cérémonie a eu lieu jeudi dernier au Théâtre Mohammed V de Rabat. Le ministre de la Culture, Mohamed Achâari, ainsi que le Premier ministre, Driss Jettou, ont pris part à cet événement. Pour rappel, depuis le mois de septembre 2006, l’assurance-maladie pour les artistes est devenue effective. Le ministère de la Culture ainsi qu’une compagnie marocaines d’assurance (CNIA) avaient signé une convention en juin dernier pour que les artistes puissent être remboursés sur leurs frais médicaux. Le ministère de tutelle a ainsi octroyé un budget de 3.800.000 DH à ladite société qui sera débloqué en plusieurs tranches. La première tranche concerne, pour l’instant, près de 700 artistes. La couverture médicale sera par la suite, selon les dires de Mohamed Achâari élargie à tous les professionnels du secteur. La Coalition marocaine des arts (CMA) sert d’intermédiaire entre la société d’assurances et le ministère de la Culture. Cette instance, qui regroupe près de 13 associations et syndicats culturels et artistiques, était chargée de constituer les dossiers des bénéficiaires. Selon le président de la CMA, Hassan Nafali, seuls les artistes qui n’ont pas de sécurité sociale vont pouvoir profiter de cette action. «Les artistes qui sont en même temps fonctionnaires ou qui ont une activité stable ne feront pas partie du lot», a-t-il précisé à ALM. C’est en fonction de ce critère déterminant que la liste des bénéficiaires a été établie. Sur la liste figurent, entre autres Abdelouahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Aziz Salmy, Mohamed Nabili et Abdelkader Laârej. Selon Moulay Ahmed Alaoui, président du Syndicat marocain des professions musicales, «près de trois cents musiciens,  c’est-à-dire 220 familles vont bénéficier de la couverture médicale obligatoire». Ceux qui ont déposé leurs dossiers de remboursement au mois d’octobre ont déjà commencé à bénéficier de cette couverture médicale. Cette liste des bénéficiaires ainsi que toute l’opération n’ont pas manqué d’être contestées par Mustapha Baghdad, président du Syndicat marocain des musiciens. Selon Moulay Ahmed Alaoui, ce dernier est contre cette initiative qui constitue un acquis pour toutes les disciplines artistiques. «Nous ne comprenons pas les revendications de Mustapha Baghdad, ce qui nous pousse à croire qu’il agit uniquement en fonction de ses propres intérêts, chose que nous n’acceptons pas», déclare le président du Syndicat libre des professions musicales. Contacté par ALM Mustapha Baghdad donne sa version des faits. Pour lui  «il est inconcevable que la couverture médicale soit appliquée bien avant l’entrée en vigueur de la carte professionnelle, un des volets du statut de l’artiste». Et d’ajouter que «le cadre d’application de cette couverture médicale n’est pas légal». Il compte donc porter plainte contre la Coalition marocaine des arts. Celle-ci ne s’est pas tue. Son président et les présidents de plusieurs syndicats d’artistes ont fait signer une pétition pour protester contre les propos de M. Baghdad. «Pour l’instant, nous sommes arrivés à réunir près de 600 signatures de musiciens. La CMA compte en rassembler 1000», déclare Moulay Ahmed Alaoui.

Le régime des retraites des artistes

Les artistes bénéficiaires de la couverture médicale obligatoire doivent avoir moins de 65 ans. Pour ceux qui ont atteint l’âge de la retraite, l’Etat prévoit un régime spécial. C’est ce qui est appelé le régime de retraite. Le Premier ministre, Driss Jettou, a indiqué jeudi soir lors de la cérémonie au Théâtre Mohammed V de Rabat que le  gouvernement oeuvrera à la mise en place d’un régime des retraites dans les plus brefs délais. Selon une source proche de l’un des syndicats affiliés à la Coalition marocaine des arts (CMA), les artistes dont l’âge dépasse 65 ans n’entrent pas dans la liste des bénéficiaires de la couverture médicale. Une procédure spéciale leur sera dédiée. Actuellement, les négociations vont bon train entre la CMA, le ministère de la Culture et la compagnie d’assurances pour leur trouver une solution.  

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