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Contes du Japon d’autrefois

Les légendes traditionnelles du Japon, peuplées de personnages magiques vivant au sein d’une nature animiste, sont une composante essentielle de la bande dessinée nippone. De Shigeru Mizuki dans les années 1960 (‘NonNonBâ’) jusqu’à la jeune Yuki Urushibara aujourd’hui (‘Mushishi’), en passant évidemment par les fables écologiques d’Hayao Miyazaki, le manga n’a jamais coupé les ponts avec le fabuleux contes du Japon d’antan. Kazuichi Hanawa va plus loin, en adaptant directement ces histoires en manga, mais en y ajoutant sa touche personnelle. Lorgnant vers la science-fiction puisque certaines divinités insulaires révèlent ici leur identité extraterrestre, ce recueil met en scène la difficile cohabitation entre cette nature habitée par des êtres extraordinaires et le monde des hommes. Ces derniers, avides, cruels, ont tôt fait d’oublier que leur bien-être dépend de l’harmonie entre ces deux univers. Malgré l’atmosphère féerique qui règne ici, Hanawa prend garde à systématiquement entretenir l’impression de quotidienneté qu’il avait su pousser à son paroxysme dans son récit autobiographique ‘Dans la prison’. Plus que sur le fantastique, l’accent est mis sur la vie terre à terre des paysans qui cohabitent avec le surnaturel : si un veau devient un taureau en un claquement de doigt, plutôt que d’être surprise, sa propriétaire se réjouit d’avoir désormais une bête de somme efficace. Les graphismes extrêmement détaillés vont dans ce sens, les habituels personnages d’Hanawa, au faciès rond et enfantin, presque déformé, ajoutant une touche d’étrange à l’atmosphère ambivalente qui se dégage de ses pages. Certes merveilleuses, ces histoires paraissent souvent à deux doigts de basculer dans l’horreur, à l’image de la frappante dernière vignette de premier récit.

Contes du Japon d’autrefois  de Kazuichi Hanawa
Éditions Kana, 2008



Une volonté plus forte que les sables

On connaissait, et on a salué à juste titre, la mise en valeur et la fertilisation des territoires désertiques du Sinaï, l’exploitation gagnée sur la mer des polders hollandais. Désormais, on va découvrir ou redécouvrir le challenge en passe d’être réussi que les autorités marocaines ont relevé. Ce challenge, plus audacieux encore, dans la mesure où les territoires concernés sont beaucoup plus vastes, a permis à ces provinces d’accéder à un niveau de développement économique que beaucoup d’autres régions du monde envieraient. Si on veut bien se rappeler que ces territoires étaient essentiellement désertiques, avec une démographie totalement déséquilibrée- population jeune et inégalement répartie sur l’ensemble des provinces- on appréciera davantage encore les difficultés du challenge. L’auteur de cet ouvrage n’est autre que Henri-Louis Védie, Docteur d’Etat es Sciences économiques, diplômé d’Etudes supérieures de droit, Professeur d’économie au Groupe HEC Directeur scientifique et coordinateur des Master «MIME » à l’université de Varsovie et à l’Université de Belgrade, a longtemps été Professeur visitant à l’Université Corvinius de Budapest et à l’Académie du commerce extérieur de Moscou.

Une volonté plus forte que les sables
de Henri-Louis Védie – Éditions ESKA, 2008


Les Enfants de Húrin

«Les Enfants de Húrin » s’adresse aux millions de lecteurs du « Seigneur des anneaux », qui retrouveront le souffle de ce roman dans l’histoire de Túrin, fils de Húrin, héros humain qui cherche sa place parmi les Elfes et les Hommes dans un monde en guerre ; trompé par le destin, il achèvera son existence de manière spectaculaire et tragique. Se déroulant quelques milliers d’années avant « Le Seigneur des anneaux », et annonçant les aventures de Frodo, Aragorn et de leurs compagnons, ce récit fera découvrir le passé de la Terre du Milieu aux lecteurs qui ne connaissent que le plus célèbre roman de Tolkien. Un sombre et fier guerrier lutte pour conjurer la malédiction qui scelle son destin. Déjà, on caresse le plaisir de se plonger dans un livre d’aventures. Pourtant, la lecture des « Enfants de Húrin » est loin d’être de tout repos. Éprouvante, elle requiert de la concentration.

Les Enfants de Húrin  de J. R. R. Tolkien
Éditions Bourgois, 2008

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