Mahmoud Megri: «C’est la scène qui a disparu à mes yeux, ce n’est pas moi qui me suis éclipsé !»

Mahmoud Megri: «C’est la scène qui a disparu à mes yeux, ce n’est  pas moi qui me suis éclipsé !»

Entretien avec Mahmoud Megri, chanteur

ALM : Quoi de neuf ?

Mahmoud Megri : Je suis en train de regrouper tout ce que j’ai écrit, depuis l’âge de 14 ans, mes poèmes en langue française. J’ai de quoi faire au moins trois ou quatre recueils.
Comme je suis en train de travailler sur une trentaine de scénarios de courts, moyens et longs-métrages puisque je suis également scénariste. D’ailleurs j’ai fait «El Jamra» avec Farida Bourquia, «Le chapelet» de Leila Triki. Quant à moi, j’ai réalisé un téléfilm «Tous pour elle» qui a remporté la médaille d’or lors des premiers Jeux de la francophonie. Pour l’heure, j’ai beaucoup de concepts de scénarios en tête.

Pour ma part, je suis dans le côté mystère alors que la plupart du temps, les réalisateurs et maisons de production cherchent des sujets proches de la société. Ce n’est pas mon style. Aussi, j’ai contribué, suite au discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au lancement des premières rencontres panafricaines des arts, des cultures et des droits de l’Homme dans le cadre de notre association, Cité des Arts. Parallèlement, j’ai un projet de peinture à exposer.

Qu’en est-il des chansons ?

Je viens d’offrir une chanson intitulée «Hetta ana b3youbi» à la jeune artiste Kawtar Sadik. La chanson parle des artistes qui se prennent pour des anges et ont l’impression d’être sans défauts. Or, je ne suis pas d’accord, c’est pour cela que je dis «Hetta ana b3youbi». Pour moi-même, je prépare un nouvel album qui va comprendre une dizaine de mes chansons et des reprises dont «Essour» (la muraille) d’Ali Haddani, «Lathedmouch dar jdoudna» du parolier tunisien Moncef Ghacham et bien d’autres chansons.
Vous vous êtes éclipsé de la scène quand même…
C’est plutôt la scène qui s’est éclipsée. Par exemple, le festival Mawazine, qui est organisé depuis  15 ans, fait appel à des artistes du monde entier alors que la scène se perche devant chez moi à Rabat.
Personne ne m’a appelé. C’est la scène qui a disparu à mes yeux, ce n’est pas moi qui me suis éclipsé !

N’envisagez-vous pas de frayer une carrière en cinéma ou en télévision?

Pas en tant que comédien, mais en tant que réalisateur. Pour l’heure, j’ai déjà réalisé des courts-métrages qui n’ont hélas pas eu d’échos sauf celui qui a remporté la médaille d’or.
Actuellement, je suis en train de trouver une maison de production pour mes trois courts-métrages assez pertinents et véhiculant des messages.
Après quoi je pourrai me pencher sur les longs-métrages, bien que je préfère les courts-métrages parce que le cinéma est assez exigeant.
Et si je préfère le court-métrage, c’est pour le message universel qu’il véhicule. Ainsi tout le monde peut en comprendre la portée.

Il est souvent reproché aux frères Megri de s’être séparés. Que répondez-vous à cela ?

On ne peut pas séparer des frères. Nous ne sommes pas un groupe dont les membres peuvent se fâcher. Quant à nous, nous n’avons jamais été un groupe. Tout comme moi, chacun d’entre nous est compositeur et chanteur. Et si j’ai besoin d’une belle voix pourquoi je vais chercher ailleurs, alors que je peux le demander à mon frère ou à ma sœur.
Je crois qu’on devait nous appeler la famille et non le groupe Mégri pour éluder cette confusion. Et comme il y a des occasions qui nous réunissent, la chanson peut le faire. Il est vrai qu’il y a des chansons qui nous rassemblent. Et parfois, chacun fait ce qu’il a envie de faire de sa musique ou de sa chanson. Par contre, nous n’avons jamais été un groupe.

Quel regard portez-vous sur la scène musicale au Maroc ?    

Il y a une jeunesse musicale qui se cherche encore. Hélas, il n’y a pas d’encadrement comme auparavant.

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