Perspective : La chanson marocaine est en crise

ALM : Le syndicat libre des musiciens marocains vient de publier un communiqué accusant « 2 M » de ne pas accorder d’importance à la chanson marocaine. Quelle est votre réaction à propos de cette accusation?
Atiq Benchiker : Aujourd’hui, j’anime l’émission «Noujoum wa Noujoum». Elle est conçue pour promouvoir les créativités des jeunes en la matière. A propos du communiqué en question, il faut dire que les émissions de la chaîne prennent en compte les critères de qualité de la production et non pas le fait que l’artiste est adhérent dans un syndicat ou dans une autre organisation. Sinon, on chercherait à satisfaire telle ou telle organisation et non pas les téléspectateurs de la chaîne, notamment dans cette atmosphère caractérisée par une concurrence à l’échelon mondial. La chaîne n’est qu’un écran entre les artistes et les téléspectateurs. Donc, il faut voir si les téléspectateurs sont satisfaits des productions de ces artistes. Et s’il y a un problème, il faut le voir de ce côté-là.  Il faut organiser des rencontres avec les différentes parties, acteurs dans le domaine, syndicalistes et les jeunes qui constituent une grande majorité de la population marocaine, pour définir et identifier les vrais problèmes de la chanson marocaine. Il y aura une visibilité claire au lieu de rester dans cette polémique et de conflit entre deux générations.  La chanson marocaine est en crise. Il est grand temps de réfléchir en vue de trouver une issue à cette crise et promouvoir la chanson marocaine pour qu’elle atteigne un rang qui reflète notre culture et notre histoire artistique.

Le syndicat avance que la chaîne accorde la priorité à la production étrangère, notamment arabe, en la matière au lieu de soutenir les artistes locaux ?
Le Syndicat libre des musiciens marocains est membre de l’Union des artistes arabes. Une partie de l’ensemble et cette partie concerne l’ensemble. Le fait que ces artistes disent qu’on accorde une priorité à la chanson arabe au détriment de la chanson marocaine, c’est une dénonciation de leur appartenance à l’union des artistes arabes. En plus, en tant que Marocains, nous devons préserver la dimension arabe pour maintenir le contact et la communication.

Vous avez dit que la chanson marocaine est en crise. Comment l’expliquez-vous ?
La chanson marocaine souffre de plusieurs entraves. La chanson marocaine est aujourd’hui en crise. Elle souffre d’une crise d’identité plus que celle de production. Il est grand temps de réfléchir sur la manière de trouver une issue à cette situation. Il y a plusieurs chansons, comme le «raï», par exemple, qui n’est pas d’origine marocaine, qui se pullule de plus en plus sur le paysage marocain. Il faut penser à créer une entreprise qui s’appelle «la chanson marocaine». Cette entreprise prendra en charge la récréation de la chanson marocaine, en prenant en compte de nouveaux critères. C’est toute une industrie. Et tant que la chanson marocaine ne fonctionne pas comme industrie, l’on ne peut pas parler de l’offre et de la demande.

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