Séries américaines : La nouvelle vague

Séries américaines : La nouvelle vague

Quelques semaines seulement après les attentats du 11 septembre, un feuilleton américain relatant l’histoire d’un agent spécial qui tente d’empêcher une menace terroriste s’est offert un succès mondial en un laps de temps record.
Avec un scénario bien ficelé et un suspens à couper le souffle, « 24 heures chrono » («24 – Twenty four», titre original) s’est immédiatement élevé au rang de série culte.
Chaque épisode de ce feuilleton ressemble à une pièce d’un puzzle qui devient de plus en plus complexe. Plusieurs événements séparés se déroulent simultanément, mais se joignent au fur et à mesure que l’intrigue se développe. Le tout en temps réel. Une mise en scène magistrale qui plonge le spectateur au cœur de l’action. Cependant, le succès qu’a connu « 24 heures chrono » n’est pas uniquement dû à ses aspects qui demeurent purement artistiques. C’est surtout grâce au personnage principal, Jack Bauer, et à ses méthodes peu conventionnelles que ce feuilleton a pu décrocher ses titres de noblesse. Confronté à un terrible dilemme – sa femme et sa fille sont enlevées par des terroristes –, il n’hésite pas à désobéir aux ordres de ses supérieurs pour accomplir sa mission et sauver sa famille. L’impitoyable Bauer ira même jusqu’à enfreindre toutes les lois pour atteindre son objectif.
Mi-brute, mi-gentleman, cet agent de la CIA, interprété par Kiefer Sutherland, a tous les atouts pour séduire. Un James Bond en version hardcore. Bienvenue dans le monde des nouveaux héros de l’Amérique de Bush !
On n’est plus à l’époque de «Strasky et Hutch». Finie l’ère des clichés des flics intègres respectant la notion de liberté individuelle tant chérie par les Etats-Unis. Désormais, on combat le mal par le mal. C’est d’ailleurs dans ce même esprit qu’a été conçue la série policière «The Shield». L’histoire se déroule dans l’un des quartiers les plus chauds de Los Angeles où l’inspecteur de police, Vic Mackey, dirige une brigade de choc : la «Strike Team».
Épaules de déménageur, crâne rasé, démarche imposante… Vic combat le crime avec brutalité tout en restant efficace. Il use des mêmes méthodes que celles qui sont utilisées par les gangsters,  ne se gênant pas à éliminer un flic qui était sur le point de les dénoncer.
L’inspecteur Vic, interprété par Michael Chiklis, se retrouve fréquemment dans des situations délicates. Parfois face à ses supérieurs qui le soupçonnent – souvent à juste titre – d’utiliser les informations fournies par ses contacts dans la rue dans son unique intérêt, parfois face à des membres des gangs qu’il combat, ou encore face à des collègues qui désapprouvent ses méthodes.
Le personnage reste toutefois attachant. Il est tellement «soigné» par les créateurs de la série que le spectateur ne peut résister à son charme. Et paradoxalement, le personnage d’Holland «Dutch» Wagenbach, un inspecteur honnête, est caricaturé de façon exagérée au point de paraître pathétique.
Dans cette nouvelle Amérique, il n’y a plus de place pour les idéologues. Il faut parfois se faire justice soi-même comme c’est le cas dans «Prison Break». Cette série est actuellement en train de battre tous les records d’audience.
Michael Scofield, un ingénieur en génie civil n’ayant jamais eu de démêlé avec la justice, braque délibérément une banque dans l’intention d’être condamné et incarcéré dans la prison d’Etat de Fox River où son frère est condamné à mort pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Une fois à l’intérieur, Michael va élaborer un plan pour faire évader son frère. Notre héros va tisser des liens avec plusieurs autres prisonniers pour réussir sa «grande évasion». Parmi ces prisonniers figurent Theodore Bagwell, dit T Bag, un pédophile repenti, John Abruzzi, un chef de gang prêt à tout, et Benjamin Franklin, un ancien sergent de l’US Army. 
Les «locataires» de la prison ont tous ou presque un point en commun : chacun d’eux a été à un moment donné victime d’un système policier et judiciaire bourré de magouilles.
Par exemple, Benjamin Franklin a découvert que des actes de torture sont commis sur des prisonniers de guerre. Il s’en plaint à son commandant qui n’apprécie pas la réclamation. Ses supérieurs lui demandent de ne pas «faire de vagues». Mais Franklin persiste. Il sera renvoyé de l’armée et accusé d’être impliqué dans des activités liées au marché noir.
Toutefois, les personnages les plus marquants de la série restent sans conteste T. Bag, le dérangé sexuel, et John Abruzzi, le mafieux sanguinaire. Ils se livrent, dès la première saison, à une véritable bataille pour marquer leur territoire. C’est dans de véritables jungles où évoluent donc les héros des nouvelles séries américaines en vogue en ce moment. Des jungles où c’est la loi du plus fort qui l’emporte. «Let smoke’em out» comme le dit si bien George W. Bush !

Quand « 24 heures chrono » choque le public 

Dans la sixième saison de «24 heures chrono», Jack Bauer ligote un suspect et demande au bourreau de lui injecter dans les veines un liquide qui, apparemment, fait très mal. La scène a soulevé un tollé aux Etats-Unis. Plusieurs associations ont accusé la série de donner des idées aux jeunes interrogateurs de l’US Army. «L’impact (sur le public) de scènes de fiction incluant des morts à grande échelle et des destructions de grande ampleur pourrait avoir des effets négatifs sur (son) attitude vis-à-vis des libertés civiles et religieuses, ainsi que sur les relations entre les religions», s’est indigné le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR). «Depuis le 11 septembre 2001, le nombre de scènes de torture visibles en prime time a considérablement augmenté», a dénoncé pour sa part David Danzig, de l’association "Human Rights First". «De plus, la torture n’est plus l’apanage des méchants. Les gentils aussi s’y mettent et grâce à cela, ils sauvent le monde !», a-t-il ajouté.

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