États-Unis : La dégradation de la note souveraine reste possible

États-Unis : La dégradation de la note souveraine reste possible

L’accord conclu in extremis à Washington sur la crise de la dette américaine pourrait permettre à la première économie mondiale d’éviter de se retrouver en défaut de paiement pour la première fois de son histoire mais n’éloigne pas le risque d’une dégradation de sa note souveraine, réagissent lundi investisseurs et économistes. Le Japon a salué l’annonce, tard dimanche soir, du compromis trouvé par les républicains et les démocrates et rendu public par Barack Obama. «Nous saluons l’accord sur la dette américaine et nous espérons qu’il stabilisera les marchés», a déclaré le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano. Les capitales et les institutions économiques et financières avaient mis en garde Washington contre les risques de catastrophe financière en cas d’échec à relever le plafond de la dette, atteint dès le mois de mai. Ces derniers jours, la Chine, premier créancier des Etats-Unis, avait ainsi fustigé les jeux politiques «dangereusement irresponsables» à Washington «prenant en otage» l’économie mondiale. Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, avait jugé pour sa part que les Etats-Unis jouaient avec le feu. Sur CNN, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, soulignait elle que le monde observait les débats à Washington «avec inquiétude, anxiété, préoccupation mais aussi espoir». A l’annonce de l’accord, qui prévoit jusqu’à 2.500 milliards de dollars de réductions du déficit fédéral sur les dix prochaines années, le dollar a rebondi face à des devises considérées comme des placements sûrs, comme le yen. Mais les agences de notation, elles, n’ont pas encore réagi. Et des analystes financiers jugent qu’elles seront moins impressionnées que les marchés. «Cela ressemble à un remède à court terme, et il n’y a pas de solution à long terme, ce qui intéresse avant tout les agences de notation», souligne Michael Woolfolk, spécialiste sur les devises chez BNY Mellon à New York. Le fait que le compromis négocié ce week-end mette en place un processus en deux temps inquiète également. Dans un premier temps, l’accord prévoit une réduction de la dépense publique de l’ordre de 1.000 milliards de dollars. Puis une commission parlementaire paritaire devra déterminer 1.500 milliards de dollars d’économies supplémentaires. «Je ne suis pas certaine que cela suffira à éloigner les perspectives négatives, je ne pense pas que l’on puisse tenir pour acquis que les agences de notation accepteront ce programme pour éviter une possible dégradation (du triple A des Etats-Unis)», commente Annette Beacher, directrice des recherches Asie-Pacifique chez TD Securities à Sydney. Le mois dernier, l’agence de notation Standard & Poor’s a indiqué qu’elle pourrait dégrader le triple A des Etats-Unis même dans l’éventualité d’un compromis politique en la plaçant en perspective négative.

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