Finance participative : Un nouveau paradigme pour promouvoir l’inclusion financière

Finance participative : Un nouveau paradigme pour promouvoir l’inclusion financière

Une industrie qui émerge depuis début 2017 au Maroc

Levier du développement du marché financier, les banques participatives favoriseront l’intégration au sein du système économique national d’une grande masse de la population n’ayant pas accès aux services bancaires conventionnels.

Après de longues années d’attente, la finance participative fait son entrée officielle au Maroc. Début 2017 a été marqué par l’octroi d’agrément à 8 établissements bancaires pour le lancement de cinq banques et trois fenêtres participatives. Une décision prise par le comité des établissements de crédit, présidé par le wali de Bank Al-Maghrib et ce conformément aux dispositifs de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés. Ces nouvelles entités dont la première est opérationnelle depuis quelques jours joueront un rôle important dans la promotion de l’inclusion financière au niveau national. Levier du développement du marché financier, les banques participatives favoriseront l’intégration au sein du système économique national d’une grande masse de la population n’ayant pas accès aux services bancaires conventionnels. Avant de franchir ce nouveau cap, le Maroc a jeté les jalons d’une expérience réussie. La réflexion autour d’un système participatif a démarré depuis 2004. La banque centrale a entamé depuis cette date la formation de ses agents. Des visites d’études à l’international ont été programmées afin de faire découvrir aux agents marocains les mécanismes de la finance participative. Trois années plus tard, la recommandation de Bank Al-Maghrib est entrée en vigueur autorisant la commercialisation de trois produits alternatifs, en l’occurrence Mourabaha, Ijara et Moucharaka. Toutefois, ces produits n’ont pas connu un grand engouement mais ont permis d’alimenter la réflexion autour de l’émergence du secteur de la finance participative. Les échanges ont permis ainsi d’identifier les meilleures pratiques pour la mise en place d’un écosystème performant.

Une architecture institutionnelle innovante

Le marché financier marocain se distingue par son architecture institutionnelle. Conventionnel soit-il ou participatif, l’ensemble du système financier est intégré dans une seule loi. Ceci permet, selon les opérateurs, d’assurer un traitement équitable et prudentiel. Le modèle marocain s’illustre par ailleurs par sa cohérence et aussi par le fait de disposer d’un seul Charia Board, placé sous le contrôle du Conseil supérieur des ouléma. Ce comité de conformité a pour mission de délivrer des avis au sujet des produits et des services issus de la finance participative dont Takaful (assurance participative), Sukuk (certificat d’investissement islamique) et dépôts bancaires participatifs. Depuis sa constitution en Ramadan 2015, le Charia Board a validé en concertation avec Bank Al-Maghrib trois circulaires relatives aux produits de financements Mourabaha, Ijara, Moucharaka, Moudaraba et Salam.

Le comité a également validé les circulaires relatives aux dépôts d’investissement ainsi que l’ouverture de fenêtre participative au niveau des banques conventionnelles.

Vulgarisation, un défi à relever

En donnant le coup d’envoi aux 8 établissements bancaires pour opérer dans la finance participative, le Maroc installe un marché apte à répondre à une clientèle demandeuse.

Le but étant d’instaurer une finance participative irréprochable pour l’ensemble des consommateurs. A cet effet, les opérateurs s’engagent à répondre de façon claire et qualitative aux attentes des clients potentiels. Pour réussir ce pari, la vulgarisation reste de mise. La finalité est d’expliquer ce nouveau mode de financement qui fait son entrée dans une sphère ayant été guidée depuis plus de six décennies par la finance conventionnelle. Les opérateurs de la finance participative sont ainsi contraints d’être au même niveau de qualité et d’offre que ceux de la finance classique. Une fois le cap de la vulgarisation passé que les nouvelles entités pourront déployer leurs offres respectives.

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