La cité des Alizés à vol d’oiseau

La cité des Alizés à vol d’oiseau

En partenariat avec Regional Airlines, Royal Air Maroc revient à la charge et lance à partir de ce vendredi deux liaisons hebdomadaires au départ de Casablanca à destination de la charmante ville d’Essaouira. Tarif de lancement: 750 DH TTC aller-retour. Mais il s’agit bien d’un prix de lancement, Susceptible d’être revue à la hausse, précise-t-on auprès de la RAM. Pour les opérateurs touristiques de la ville, cette nouvelle desserte constitue une véritable aubaine.
En cette période creuse, désenclaver la ville et lui donner un souffle nouveau est plus que salvateur. Car, en dehors du festival, et quelques périodes de l’année, la ville n’attire pas beaucoup de monde. Non pas que les arguments manquent, mais une série de facteurs font que le tourisme ne bouge qu’occasionnellement dans cette citée fort médiatisée ces dernières années. Ce qui explique également la prudence de l’initiative de la RAM, qui a bien pris le soin cette fois-ci d’associer un grand nombre de professionnels pour réussir cette opération. Un vol similaire, pour rappel, a déjà été suspendu par le passé pour non-rentabilité. Dans la nouvelle configuration, on retrouve l’agence Atlas Voyages, qui commercialise des packs incluant vols et séjours, mais surtout, le Conseil provincial du tourisme d’Essaouira (CPTE). Créée en octobre dernier, cette association regroupe 31 opérateurs locaux. Premier objectif : disposer d’une structure propre afin de défendre une conception autonome du tourisme local.
Traduction : libérer le tourisme de la ville de la «tutelle» de sa gourmande voisine, Marrakech. L’ambition du CPTE est, à ce titre, grande : faire passer Essaouira d’une simple ville de passage à une ville de séjour. À ce jour, Essaouira est encore considérée comme une escale de passage ou d’excursion à partir des grands pôles touristiques que sont Marrakech et Agadir. La durée moyenne du séjour dans la ville ne dépasse pas les deux jours avec un taux d’occupation qui tourne autour de 50%. Pour atteindre cet objectif, le CPE s’emploie à tout faire pour retenir les touristes une semaine durant. Comment ?
D’abord, des activités du jour. Beaucoup de circuits ont été identifiés dans l’arrière-pays, notamment à Tamanar et Tizdi. Des circuits existent également à Dar Hossam sur la route de Marrakech et à Bhibeh vers Safi. Des randonnées à dos de chameaux, sur des quads ou des voitures 4×4 sont également disponibles. Sur un autre segment, la ville compte draguer les amateurs des sports de glisse. Au menu : wind surf, planche à voile, et plusieurs autres sports nautiques « purs » qui ne polluent pas. Avec un vent qui souffle 250 jours par an, Essaouira défie toute concurrence en la matière. Pour l’animation nocturne, le Conseil travaille sur un programme destiné à retenir le touriste le plus longtemps possible. Pêle-mêle, on retrouve dans ce registre un projet de transformer la célèbre place Moulay El Hassan en un vaste espace animé par des troupes musicales à l’image de Jamaâ-El-Fna à Marrakech. Deux projets de night-club aux hôtels “Les îles” et “Bin Al Assouar” sont également à l’étude. Même si, au sein du conseil, cette vision d’animation nocturne ne semble pas encore gagner l’unanimité, nombreux sont les professionnels qui souhaitent que la ville garde «son cachet à vocation culturelle». Les autorités locales tiennent également à préserver le «fragile équilibre de la ville», comme le note à juste titre le gouverneur de la province d’Essaouira. Dans le collimateur du CPTE, figure également un autre chantier problématique, celui de l’île Mogador. Un débat est en cours avec l’Etat sur la possible exploitation touristique de cette réserve écologique. Ce qui ne manquerait pas au passage de susciter la réprobation des associations locales qui militent pour la préservation de l’écosystème de ce joli vestige marin de la ville.
Pour réussir ce vaste programme, le Conseil s’emploie également sur le chantier de la réglementation du secteur. La question du recensement des établissements touristiques se profile à l’horizon, faute de statistiques fiables en la matière. Car la ville a vu la création ces dernières années, de beaucoup d’établissements, riyads et autres maisons d’hôtes, dont nombreux qui échappent à tout contrôle. Les professionnels (organisés) de la ville s’indignent de cette situation. Le délégué régional du ministère de tutelle a tenu à préciser dans ce cadre « qu’une grande opération de recensement aura lieu dans les semaines à venir ». Un délai à été accordé aux établissements non conformes pour se mettre à niveau. À ce jour, on estime le nombre des établissements hôteliers à 80, avec une capacité de 4000 lits.

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