Les premices d’une reprise industrielle

Les premices d’une reprise industrielle

Un dernier trimestre plutôt dynamique pour la production industrielle nationale. Environ 38% des entreprises affirment avoir amélioré leur niveau de production et le volume de leurs exportations entre octobre et décembre, contre 36% au cours du trimestre précédent.
L’enquête menée par la CGEM détaille l’évolution suivant différents secteurs d’activités.
Secteurs exportateurs, l’agroalimentaire, la chimie, la parachimie, le commerce et les services se distinguent relativement bien. D’où la légère embellie notée à l’export.
Environ 26% des entreprises exportatrices ont fait état d’une amélioration de leur activité, contre 23% au troisième trimestre.
Mais, les carnets de commande n’ont pas explosé pour autant. La tendance à ce niveau est à la stabilité pour 54% des entreprises. Seules 17% font état d’une hausse. Un schéma que l’on retrouve aussi dans les commandes étrangères, restées stables pour 28% des entreprises contre 37% trois mois plus tôt. Durant le troisième trimestre, seules 10% des entreprises avaient fait état d’une hausse à ce niveau. A la fin 2003, l’augmentation a concerné 15% d’entre elles.
Cette légère effervescence dans les commandes n’a pas laissé indifférent le stock, en aval de la chaîne de production.
L’étude de la CGEM montre que 72% des entreprises disent normal leur stock de produits finis sur le dernier trimestre 2003 contre 62% auparavant.
Les entreprises ayant un niveau de stock élevé sont par conséquent moins nombreuses (17%) en décembre qu’en août (27%). L’heure n’est pas non plus à l’augmentation du rythme de la production, suffisante pour 68% des entreprises et même « largement suffisante » pour un bon quart d’entre elles (25%).
On n’en est donc pas à un scénario de véritable reprise, synonyme de la relance des investissements. Mais les signaux sont là.
Deux tiers des entreprises ayant fait l’objet de cette étude disent que le taux d’utilisation de la capacité de cette production a augmenté d’un trimestre à l’autre. Restent toutefois, à résoudre les problèmes quasi-structurels de la compétitivité. Un grand nombre des entreprises (68%) ont dit privilégier d’abord le marché local pour un maintien de la position concurrentielle.
C’est une légère diminution par rapport au troisième trimestre où ce pourcentage était de 71%, mais il s’agit toujours d’une même tendance à privilégier le local.
L’export n’est pas pour autant sacrifié puisque 53% des entreprises y ont amélioré leurs chiffres d’affaires contre 41% pour le troisième trimestre. Ce qui n’est certainement pas le cas du secteur des textiles dont les difficultés sont illustrées par le dépôt de bilan du groupe français VEV, lequel aurait annoncé que sa filiale marocaine qui emploie 474 personnes devrait être placée en redressement judiciaire.
Néanmoins, 2004 devrait être une bonne année pour la filière au niveau des exportations vers l’UE. L’accord bilatéral prévu en juin 2004 entre le Maroc et la Turquie permettra aux exportateurs marocains d’habillement d’utiliser des tissus turcs tout en bénéficiant de l’origine préférentielle sur le marché européen.
Cela permettra à l’industrie textile marocaine d’améliorer son avantage comparatif par rapport à ses concurrents asiatiques et méditerranéens.
En attendant, contrairement à l’agro-industrie, à la chimie et à la parachimie, l’industrie des textiles, première activité exportatrice au Maroc, traîne le pas. Signe que la reprise des exportations n’est pas encore sur une tendance soutenue.

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