Lettre du tourisme : Dynamique institutionnelle

Il s’agit du moteur le plus indispensable au succès des dynamiques commerciale, industrielle et financière. Institutionnaliser la vision 2010 et l’inscrire dans un cadre organisationnel strict qui obéit à des logiques de concertation permanente, de planification rigoureuse et de coordination centralisée n’est pas censé être un discours relevant de la rhétorique.
Les rédacteurs de l’accord/cadre , Etat/opérateurs privés étaient clairs à ce sujet : il s’agit de réorganiser le dispositif institutionnel à travers la restructuration de l’ONMT, des fédérations privées et de créer des instruments d’intervention nationale et locale performants, à travers des conseils régionaux du tourisme, le Conseil national et le comité stratégique. Ils ont prévu une véritable loi cadre et des plans de développement régionaux.. Tout a été prévu, sauf une question essentielle et elle est de détail : si les choses ne tournent pas rond on s’adresse à qui et on fait quoi et comment ?
En fait les choses tournent effectivement mal et à ce niveau il n’y a pas de pilote à bord.
La concertation permanente est devenue un cérémonial de complicité sinon de connivence régulièrement mis en scène entre des partenaires publics et privés qui se cherchent. L’ONMT n’est pas l’instrument d’intervention collégiale prévu et la CGEM regroupe quelque dizaines de personnes à jour de leurs cotisations, parmi les milliers d’opérateurs qui animent les métiers d’hôtellerie, d’agents de voyages, de transporteurs et de restaurateurs. Son budget est insignifiant. La motivation dans ses rangs ne relève pas de la passion. La planification rigoureuse est pratiquement virtuelle et la coordination centralisée est plutôt extrême. Toutes les insuffisances constatées par ci et les excès découverts par là sont significatifs d’une situation annonciatrice de biens de déceptions et de désillusions futures. Faut-il encore le rappeler, le Maroc d’aujourd’hui, celui d’une monarchie jeune, dynamique et impliquée, visionnaire, patriote et généreuse peut-il s’accommoder des faux-semblants, des demi-mesures, de tous ceux qui, au nom de l’intérêt général, gèrent des affaires et des carrières de toutes sortes ? Soyons clairs. Le Maroc ne peut plus se permettre d’ erreur. Les choses doivent être institutionnalisées à tous les niveaux ; les opérateurs publics et privés doivent se soumettre aux exigences du développement à travers des cahiers de charge précis et contraignants. L’intérêt du Royaume et des Marocains doit prévaloir sur tous les calculs faussement politiques. Car faire justement de la politique, dans le Maroc actuel, c’est créer des richesses, trouver du travail aux Marocains et construire, à pas forcés, une culture d’administration et d’entreprise citoyenne, patriotique et réellement désintéressée.
Pour le reste, nous aurons l’occasion d’évoquer, dans le cadre de cette dynamique, un absent de marque, la dimension culturelle, seule capable d’orienter la définition, qui tarde à se préciser, du projet des société qu’il nous faut construire chemin faisant. Serons-nous demain une société touristique musulmane tatillonne ou une société moderne ouverte sur les autres qui n’aura pas honte de son tourisme dont elle saura maîtriser les tendances en conflit avec la morale musulmane ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *