Une école en plein champ à Bouznika

Une école en plein champ à Bouznika

Le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime a inauguré, mardi à Lahrar, une localité de la commune rurale de Cherrat près de Bouznika, une  FFS (Farmer field school), une école aux champs qui dispense  aux exploitants «un enseignement dynamique et participatif  de vulgarisation des techniques modernes  d’exploitation et de gestion agricoles». Arrivé pour une simple visite protocolaire, Aziz Akhannouche  a eu un tel coup de cœur «pour le projet de conseil agricole rénové réalisé par son département dans cette localité»  qu’il s’est déclaré vouloir accélérer sa duplication  dans d’autres localités de la province de Benslimane plus rapidement que ne le prévoit l’échéancier de départ. Il a d’autre part estimé que l’école aux champs s’inscrit en plein dans le cadre des lois adoptées dernièrement dans le but d’encourager l’activité et l’investissement agricoles.
Basée sur l’échange du savoir empirique des agriculteurs contre les connaissances techniques des cadres du ministère, l’école aux champs enseigne la rationalisation des techniques de production, l’établissement du bon diagnostic en cas de maladies des cultures et les méthodes de gestion modernes  en même temps qu’elle initie à l’art de solliciter les aides et les  différents encouragements de l’Etat. Pour des cadres de la division de la vulgarisation relevant de la  direction de l’enseignement, de la formation et de la recherche, le but est de faire des agriculteurs des experts sur leurs parcelles et de les doter des connaissances les préparant au rôle d’exploitants capables d’adaptation  aux situations nouvelles  et aptes à trouver solution aux problèmes .
Dans le cas de la commune rurale de Cherrat, ce mouvement vers le progrès a pris mardi la forme d’un retour vers le futur. Après soixante ans de bouderie, les sols de la  localité ont retrouvé leur penchant pour la vigne. Les premiers essais de culture de la variété dite muscat d’Alexandrie sont prometteurs. On parle déjà de l’acclimatation prochaine d’une nouvelle variété italienne promise elle aussi à un bel avenir. Le procédé est en effet tentant en ce qu’il permet la culture du vignoble en terre «bour» avec un coût en irrigation d’appoint négligeable. «A peine un ou deux camions-citernes pour une parcelle de 2 hectares». En fait, la technique est si rentable que deux écoles aux champs ouvriront bientôt à Mansouria et à Bouznika. Sans doute était-ce déjà prévu par le programme de vulgarisation rénové du ministère, mais l’exercice exécuté par les agriculteurs devant le ministre a convaincu que «la conduite appropriée d’un vignoble en gobelet dans une zone bour avec irrigation d’appoint» offre de meilleurs moyens que la céréaliculture. C’est en tout cas l’avis des 15 exploitants inscrits à la FFS de Lahrar. Ils l’ont exprimé devant le ministre à qui ils ont dit l’amélioration de savoir-faire qu’ils ont tirée de l’enseignement de l’école aux champs. Un plaidoyer qui devrait amener le ministère à creuser le sillon. Après les 8 FFS installées  durant la période 2011-2012, 20 autres sont prévues au cours de la saison de 2012-2013. Dans le lot, celles qui entrent dans le cadre de la reconversion  quadriennale des terres à blé en zones de vignoble. Les écoles aux champs devraient générer quelque 420.000 journées de travail et plus de 120 millions de dirhams de revenus additionnels. Cependant, pour les promoteurs de l’école aux champs, le pus grand mérite du système  est de favoriser chez les agriculteurs  la perception de la communauté d’intérêt et  l’utilité de travailler ensemble. Les 15 viticulteurs inscrits à la FFS de Cherrat se sont constitués en association  mardi en début d’après-midi.

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