Une libéralisation non-huilée

Les fabricants d’aliments composés, regroupés au sein d’une association (AFAC), continuent d’alerter les médias au sujet de l’expiration de l’accord établi le 20 octobre 2000, par le ministère de l’économie sociale ; lequel rapport définit les conditions de la libéralisation de la filière des huiles alimentaires et des graines oléagineuses. En effet, cet accord a pris fin le 31 octobre dernier.
Dès le début de cette année et plus précisément en février, l’association avait dénoncé le monopole des triturateurs en matière de paiement uniquement de 2,5% des droits de douanes pour les graines de soja. En revanche, les fabricants d’aliments composés sont tenus au règlement de droit de douanes de l’ordre de 22,5% de la valeur déclarée en douanes inférieure à 2900 DH la tonne avait expliqué Ahmed Almaârchi, secrétaire administratif de l’association, le mois de février dernier.
Il se trouve que la situation perdure et qu’aucune mesure n’a été prononcée à la suite des différentes réunions tenues avec les ministères et les administrations concernées. D’autant plus qu’à partir du 1er novembre dernier, les triturateurs ont la prérogative de répercuter sur les prix à la consommation, en fonction des évolutions des cours des marchés internationaux. Les prix à la vente subiront ainsi les contre-coups des variations mondiales. D’ailleurs, à l’horizon 2010, les experts révèlent que la production mondiale des tourteaux devrait augmenter de plus de 25%, en parallèle à celle de la viande. Et ce sont particulièrement, les pays en voie de développement qui connaîtront près des deux tiers de la progression de la production mondiale des tourteaux. Il faut dire que la protection qui continue à sévir en matière de tourteaux entrave le développement de la filière. Elle empêche l’achat de la matière, notamment des tourteaux non fabriqués localement, à des prix concurrentiels sur les marchés internationaux.
De plus, AFAC estime que les industries de trituration locales, à travers les prix qu’elles appliquent, intègrent largement les droits de douanes y afférents. Eu égard à ces données, les professionnels du secteur avicole soulignent l’intérêt de l’unification de la tarification douanière, au taux de 2,5%, qui devrait s’appliquer à l’ensemble des industries de transformation.
Cette revendication se base principalement sur le principe selon lequel «il ne peut y avoir une différenciation de tarification douanière pour un même produit en fonction de la nature de l’industrie de destination», indique-t-on auprès de l’AFAC.
Depuis toujours, les membres de l’association mettent un point d’honneur à insister sur les avantages de l’utilisation des graines de soja extrudée dans la fabrication de l’alimentation animale. L’importante valeur nutritionnelle dans les aliments composés, de la graine de soja, prouvée par les résultats des pays à fort développement avicole, est également mise en avant. Son incorporation renforcera la maîtrise des coûts de production des élevages avicoles, puisque la qualité des aliments s’améliorera. Il s’agit de la mise à niveau du secteur avicole.

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