Bonjour

Le rôle que joue la deuxième Chambre du Parlement, celle des conseillers, dans la crise du transport est-il constitutionnellement correct? Elle a eu à connaître d’un projet de réforme du code de la route qui est dans le circuit depuis deux ans. Cet examen s’est accompagné d’une grève brutale, sauvage et anarchiste de syndicats peu représentatifs qui ont pris en otage le pays devant une puissance publique étonnamment impuissante. Sur ce, les conseillers prennent une décision qui rentrera dans l’histoire du pays. Ils suspendent le texte. Par là, ces conseillers se substituent à un pouvoir exécutif dans un désarroi absolu et demandent le lancement — alors que cette étape de négociation est dépassée depuis longtemps— de consultations avec ces pseudos syndicats aussi nombreux que peu crédibles. M. Mâati Benkaddour, président «intérimaire» de 3 mois de la deuxième Chambre, demande — dans le dos du ministère de l’Intérieur — aux walis et aux gouverneurs du Royaume d’engager des négociations avec les grévistes. De quel droit ? En quelle qualité ? Par quelle autorité ? M.Benkaddour qui revêt prestement, à cette occasion, l’habit de chef de l’Exécutif, et fait état d’une inculture juridique surprenante, demande que les cahiers de doléances locaux remontent ensuite à son niveau pour une consolidation. Des états généraux ! C’est à ce moment que sera déterminé ce qui va et ce qui ne va pas dans le projet de code. Cette procédure constitutionnelle inédite initiée par une Chambre qui n’a aucune qualité en cette matière — les députés ne négociant jamais avec des syndicats dont ils sont l’émanation— ouvre des portes aventureuses que le pays n’a jamais ouvertes. Dans cette calamiteuse affaire, passe encore que le gouvernement se couvre de honte et de ridicule pour se coucher devant un anarcho-syndicalisme analphabète et sous-développé mais tirer le Parlement dans ce naufrage, c’est proprement illégal et scandaleusement dangereux.

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