Éditorial

Alors ce remaniement, où en est-il ? L’été est fini. Les vacances, aussi. Le Ramadan, également. Il faut bien que ce pays se remette un jour au travail. Les ministres dont la rumeur en a fait des partants sont dans leurs cartons. Ils semblent déjà partis, accablés par un bilan improbable. Ceux donnés pour des valeurs sûres, donc restants, attendent comme diraient les marabouts africains — souvent de fieffés escrocs— un «renouvellement de l’amour». Mais, sérieusement,  peut-on encore tirer sur la corde d’un gouvernement qui n’en peut mais. La formation de Abbas El Fassi a besoin, pour les deux années à venir, d’être rassurée sur sa pérennité et sur sa performance. L’idée implicite de remaniement était contenue dans le dernier discours du Trône qui a fait un bilan méthodologique et sectoriel de l’activité gouvernementale. Les départements insuffisants, dans leur démarche ou dans leurs performances, ont été carrément pointés du doigt. Aujourd’hui, le consensus est là sur la nécessité de reprofiler le gouvernement et de lui accorder la majorité parlementaire cohérente susceptible de soutenir son action. Mais le problème chez nous est que, en l’absence de procédures transparentes et démocratiques, chaque tentative  d’établir une liste de ministrables met les partis politiques concernés en situation d’anarchie ou de guerre civile. L’offre étant supérieure à la demande, la procédure s’enlise, le temps s’allonge indéfiniment, les feintes se multiplient et l’exercice devient assez rapidement traumatisant pour tout le monde. Que Dieu nous préserve.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *