A la suite de désaccords notables, le Conseil supérieur des ouléma renvoit sine die l’examen du dossier des crédits immobiliers halal

A la suite de désaccords notables, le Conseil supérieur des ouléma renvoit sine die l’examen du dossier des crédits immobiliers halal

Les citoyens qui voudraient contracter des prêts bancaires islamiques devront prendre leur mal en patience. La Commission chargée de l’Iftaâ a décidé de remettre à une date indéterminée l’édiction de son avis sur la conformité de ces produits dits alternatifs avec les lois de la Chariâ. La raison avancée pour expliquer cette décision a été attribuée à des contraintes de temps, comme l’a précisé le secrétaire général du Conseil supérieur des ouléma, Mohamed Issef, à l’issue des travaux de la 6ème session du Conseil. «Les ouléma, face à une documentation pléthorique, ont demandé plus de temps pour mieux cerner le sujet et leur permettre ainsi de trancher en pleine connaissance», a déclaré le SG du Conseil au terme de cette session tenue samedi à Rabat. Mais des sources au sein du Conseil des ouléma ont invoqué d’autres raisons, dans des déclarations à ALM. Le responsable d’un Conseil régional des ouléma, qui a souhaité garder l’anonymat, a fait état de «divergences» au sein de la Commission chargée de l’Iftaâ. «Personnellement, je ne crois pas que ce soit possible aujourd’hui d’instaurer à 100% un produit bancaire local, ou national, notre système étant très étroitement lié à l’économie mondiale», pense le responsable, en ajoutant : «Mes collègues au sein du Conseil, ou en tout cas une bonne partie d’entre eux, sont conscients de cette réalité». «Parler actuellement d’un système à part relève de l’impossible», a-t-il tranché, à la faveur des doutes déjà exprimés sur la nature, voire l’utilité, de ces produits qui reviendraient encore plus cher que les crédits avec taux d’intérêt (Riba). Un autre son de cloche attribue l’enlisement du processus d’édiction de la fatwa au fait que «la Commission chargée de l’Iftaâ s’est trouvée en déphasage par rapport aux initiatives déjà prises par la banque centrale (Bank Al-Maghrib)», qui a défini le cadre régissant les produits alternatifs par les établissements de crédits marocains selon des standards appliqués au niveau international. «La Commission s’est sentie dépassée par le cours des événements, elle s’est trouvée dans l’obligation d’émettre un avis sur un fait déjà établi», a-t-il déploré. Il ajoute que la Commission s’est contentée jusqu’ici d’examiner le mode traditionnel des prêts bancaires, précisant que les membres de la Commission ne sont pas encore venus à bout de leurs divergences sur cette dernière question. Il y a lieu de relever que les avis rendus sur la conformité des crédits avec intérêts avec la loi islamique alternent entre les pour et les contre. Ce ballottement risque d’être encore plus délicat sur la question des produits «halal», «alternatifs», ou «islamiques ». A préciser que des divergences avaient éclaté sur la référence théologique de la dénomination donnée à ce genre de produits. Bank al-Maghrib avait déjà rejeté l’appellation « halal », mettant en garde contre toute sorte de manichéisme qui veut que l’on se trouve devant des produits licites et d’autres qui ne le sont pas. Un rappel à l’ordre ferme a été lancé contre ceux qui veulent instrumentaliser cette question à des fins politiciennes. L’avis de la Commission chargée de l’Iftaâ est attendu avec beaucoup d’impatience qu’il s’agit de fermer la porte devant le risque de toute récupération.   

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