Abderrahim Manar Sellimi : «L USFP est devenu sans forme, sans modèle politique»

Abderrahim Manar Sellimi : «L USFP est devenu sans forme, sans modèle politique»

ALM : A quelques encablures du congrès, comment analyser la situation actuelle de l’USFP ?
Abderrahim Manar Sellimi : Je pense que le neuvième congrès de l’USFP ne sera pas du tout comme les congrès qui l’ont précédé. Le parti a dirigé le gouvernement durant l’expérience de l’alternance puis a participé à deux autres gouvernements. Aujourd’hui, l’USFP tente de gérer cette période post-gouvernement. La nouvelle équipe dirigeante doit faire face à une réalité bien amère. L’USFP est devenu sans forme, sans modèle politique en s’égarant un peu de la ligne que les premiers fondateurs usfpéistes avaient dessinée. Il est très difficile pour le parti de la rose de continuer dans cette situation encore plus longtemps.

Peut-on dire que le 9e congrès sera véritablement le congrès de la dernière chance ?
Le 9e congrès sera très déterminant dans l’histoire de l’USFP. Le parti n’a plus le choix en quelque sorte. Soit il parviendra à retrouver la même ligne de conduite qu’avait le parti à l’époque de ses premiers fondateurs, soit le parti deviendra un simple parti de centre sans aucun rapport idéologique avec «l’Ittihad» des années 70, 80 ou 90. Le parti est donc face à deux principaux défis. Le premier concerne son histoire et sa capacité à puiser de nouveau dans son référentiel idéologique et ses prises de position politiques qui en ont fait le succès durant des années. Le deuxième défi est celui de la rue ou de l’opinion publique qui ne reconnaît plus l’USFP de Abderrahim Bouâabid et de Abderrahmane El Youssoufi.

L’USFP serait-il en quelque sorte à la croisée des chemins ?
Le congrès sera en tout cas une étape très difficile puisque le parti tentera de recouvrir son ancien modèle. Le même défi s’est présenté devant pratiquement toutes les formations socialistes dans le monde. Il faut donc faire un choix stratégique pour la suite. Dans ce sens, on peut dire que les mandats de Radi et de Yazghi étaient plutôt transitoires. Aujourd’hui, le parti a rejoint l’opposition après de longues années de participation à la gestion de la chose publique. Des conclusions doivent être tirées et de nouvelles décisions doivent être adoptées. Cela dépendra bien évidemment des prochains dirigeants du parti. Je pense qu’avec Oualalou l’USFP a des chances de retrouver ses premières lignes de conduite. Avec les autres noms en course, on se dirigera plutôt vers un parti plus pragmatique qui change de position en fonction des développements sur la scène politique. Mais le risque de nouvelle sécession est minime.

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