Attentats du 16 mai à Casablanca : Huit ans après, le Maroc toujours visé par le terrorisme

Vendredi 16 mai 2003 est une date inoubliable pour les Marocains. À Casablanca, convives dans un restaurant, employés de l’un des luxueux hôtels de la ville ou de simples passants… le sort a voulu que ces personnes soient la cible de cinq attentats terroristes ayant ébranlé la vie nocturne de la capitale économique du Royaume. Ces actes barbares, perpétrés par un groupe de 14 membres intégristes, ont ciblé la Casa De Espana, hôtel Farah, le bâtiment de l’Alliance israélite, le cimetière juif ainsi que le consulat de Belgique. Aujourd’hui, le Maroc célèbre le huitième anniversaire de ce triste événement. A cet effet, la Coordination nationale de lutte contre le terrorisme et de promotion de la culture de la tolérance devait organiser, dimanche, un sit-in à 18 heures devant la stèle commémorative érigée à la Place Mohammed V à Casablanca à la mémoire des victimes des attentats terroristes du 16 mai 2003. Ce sit-in est une occasion pour la Coordination de renouveler sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et exprimé sa solidarité et sa compassion avec les victimes des attentats terroristes de Casablanca. «Les attentats du 16 mai 2003 resteront à jamais gravés dans ma mémoire», a déclaré Hanaa Mahriss avec tristesse, témoin de l’attentat à l’hôtel Farah. Bien qu’elle n’a pas été directement touchée, la douleur psychique reste de plus en plus pesante pour Mme Mahriss. «Le 16 mai est une date qui a non seulement marqué l’histoire du pays mais également la psychologie de toutes les personnes ayant assisté à la scène. Il m’est douloureux de remémorer les faits, car les détails me hantent chaque jour», a-t-elle souligné. Il est évident que cette date réfère à la mort et au deuil, mais elle est également synonyme de défi. Souad El Khammal, l’une des veuves de ces attentats, lutte pour effacer l’ombre de cette pénible soirée. «Le 16 mai est un défi que je relève au quotidien», a souligné cette dame qui, en une semaine, avait perdu son mari et son fils aîné . «Ma vie aurait pris un autre tournant si cet attentat n’avait pas eu lieu. Mais la vie continue. Il a fallu que j’apprenne à vivre pour eux, pour leur mémoire et pour ma fille», a indiqué d’un ton attristé Mme El Khammal. Cette dame a trouvé refuge dans la solidarité et le travail au sein de l’Association des victimes du 16 mai. Malgré les efforts déployés par les familles des victimes pour surpasser le choc psychique, l’attentat perpétré récemment à Marrakech a remué le couteau dans la plaie. «Ce fut un flashback agressif pour nous. Les faits se sont déroulés identiquement à ceux du 16 mai. J’étais une fois de plus en France avec ma fille lorsque l’on a appris la triste nouvelle. L’annonce de l’attentat de Marrakech nous a secouées au point que ma fille a eu un sévère malaise», explique – t-elle . Et de poursuivre que «si j’arrive à extérioriser ma souffrance et franchir le cap, c’est loin d’être le cas de ma fille qui vit discrètement son angoisse». Huit ans après, le Maroc reste toujours visé par le terrorisme. Mais qu’est-ce qui a changé sur le plan sécuritaire. «Le phénomène du terrorisme est l’une des conséquences hideuses de la mondialisation rapide. Sa lutte nécessite des efforts concertés et une coordination collective entre les Etats, tout en accordant de l’importance à la dimension idéologique contre le terrorisme», a déclaré Abdellah Rami, chercheur au Centre marocain des études sociales. Bien qu’il n’est pas à l’abri des manœuvres terroristes, le Maroc a acquis une expérience dans la lutte antiterroriste et a marqué des points importants dans ce sens. «Le Maroc a pu dans sa lutte antiterrorisme avorter plusieurs tentatives. La preuve : les autorités marocaines ont démantelé plus de 60 cellules terroristes au cours des huit dernières années», a souligné M. Rami, ajoutant qu’«en données chiffrées, les opérations terroristes effectuées au Maroc ne représentent que 5% par rapport à celles qui étaient en cours de préparation».

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