Au nom de la sécurité

Durant le mois qui a suivi les attaques terroristes du 11 septembre sur le sol américain, l’administration de George W. Bush a déposé une série de propositions sous le terme vague de « législation antiterroriste ».
Deux lois ont ainsi abouti : la première, du Sénat, s’appelle « Uniting and Strengthening America Act » (USA, Unir et renforcer l’Amérique), et la seconde, celle de la Chambre des représentants, se nomme « Provide Appropriate ToolsRequired to Intercept and Obstruct Terrorism Act of 2001 » (PATRIOT, Fournir les outils pour intercepter et bloquer le terrorisme)… Le projet global, présenté par le procureur général John Ashcroft, visait clairement à accroître les moyens de contrôle et d’investigation des différentes agences gouvernementales, dont la police fédérale (FBI). Selon le président du Comité sur le renseignement, Bob Graham (démocrate), ces agences sont en fait devenues « des extensions du Pentagone dans la guerre au terrorisme ».
Avec la bénédiction de l’autorité fédérale, police et agences de renseignements ont donc multiplié les surveillances (écoutes téléphoniques, sur Internet etc.) et les perquisitions sur toute personne soupçonnée de complot « destiné à influencer ou affecter la conduite du gouvernement ». Le quotidien français l’Humanité, dans son édition du 11 Octobre 2001, soulignait par ailleurs qu’un autre volet concerne plus précisément les immigrés. « Ceux-ci deviennent des suspects a priori : tout immigré pourra être détenu sans mandat et ne pourra avoir de recours devant la justice qu’en cas d’expulsion ». Leur sort est placé entre les mains d’une nouvelle institution, la Direction de la Sécurité intérieure, dirigée par un proche du président, Tom Ridge, ex-gouverneur de Pennsylvanie. Selon Le Monde Diplomatique (Janvier 2002), pas moins de 1 200 étrangers ont été arrêtés et plus de 600 restent incarcérés « sans jugement, sans même avoir été, pour nombre d’entre eux, présentés aux juges, et sans avoir eu la possibilité d’être assistés par un avocat ».
Le mensuel français ajoute même que « le gouvernement a l’intention de faire interroger quelque 5 000 hommes âgés de 16 à 45 ans, séjournant avec un visa de tourisme, devenus suspects pour le simple fait d’être originaires du Proche-Orient »…

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