Bachir Dkhil : «La région du Maghreb n’a pas besoin de multiplier les drapeaux»


ALM : Êtes-vous confiant quant à la nouvelle tournée maghrébine de Christopher Ross?
Bachir Dkhil : En fait, la mission de l’ONU consiste, entre autres, à essayer de régler les différends partout dans le monde. Parmi ces différends, il y a le conflit du Sahara dans la région du Maghreb. Depuis sa nomination de nouvel émissaire du secrétaire général de l’ONU, le diplomate américain, Christopher Ross, tente de résoudre les problèmes secondaires entre les parties pour attaquer par la suite l’essence de la problématique en perspective d’un nouveau round de négociations officielles entre les parties. La nouvelle tournée de M. Ross s’inscrit, donc, dans ce cadre. Nous restons confiants quant à la démarche de l’émissaire onusien.

Comment évaluez-vous la position actuelle de l’Algérie et du Polisario?
Je ne pense pas du tout que l’Algérie et sa création le Polisario vont assouplir leur position pour que le processus de résolution du conflit aille de l’avant. L’Algérie et le Polisario sont actuellement en position défensive. Le Maroc, pour sa part, va dans le bon sens. Le Maroc a depuis longtemps pris le chemin de la consécration du choix démocratique et de la liberté d’expression. L’Algérie et le Polisario continuent de tenir, quant à eux, un discours éculé de la période de la guerre froide. Ils chantent toujours la même chanson.

Des sénateurs américains ont appelé à une solution du conflit du Sahara sur la base du projet d’autonomie. Qu’en pensez-vous?
Cet appel rejoint la tendance générale de la communauté internationale. Il est plus que jamais clair que le projet d’autonomie est la seule solution fiable. L’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait signalé que l’option de l’indépendance est techniquement irréalisable. D’ailleurs, les Américains comprennent la pertinence du système d’autonomie. C’est à ce système que les Etats-Unis doivent leur développement alors que leur union comprend 51 Etats. L’autonomie sert les intérêts des Sahraouis et respecte leur spécificité. Et après tout, la région du Maghreb n’a pas besoin de multiplier les drapeaux.

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