Barcelone ou Calcutta, Casa doit choisir

Barcelone ou Calcutta, Casa doit choisir

Casablanca dévoile ses «grands projets». Une session extraordinaire a été tenue hier mardi 27 décembre 2005 au siège de la wilaya pour annoncer les chantiers titanesques de la plus grande ville du Royaume. Mohamed Kabbaj, le wali du Grand Casablanca, a présenté succinctement ses projets et sa vision de la région. Les travaux de cette session devaient se poursuivre durant l’après-midi  pour que les élus puissent débattre de quelques dossiers qui intéressent le plus les Casablancais : transports en commun, espaces verts ainsi que la révision du contrat de gestion déléguée de l’eau, l’électricité et l’assainissement liquide.  
Ces grands chantiers, annoncés en fin d’année, accordent une bonne place pour l’INDH et le domaine social. Sur la liste des chantiers, il y a également la rénovation des infrastructures, la mise en place d’un programme pour le transport urbain, la gestion de l’urbanisation, l’aménagement de l’aérodrome d’Anfa et une nouvelle vision touristique et économique de la ville. Les responsables de la métropole ont du pain sur la planche. En effet, dans le volet infrastructures, la wilaya compte mettre le paquet. Une somme de 1.354.000.000 Dh est réservée pour la construction de routes, ponts et canalisations pour épargner à Casablanca et Mohammédia les risques de nouvelles inondations. Dans cette course à l’excellence, la ville va débloquer 55.000.000 Dh pour l’édification de complexes sportifs. Sportifs, les Casablancais auront besoin de respirer à pleins poumons. Et c’est pour cette raison-là qu’une enveloppe budgétaire de 40.000.000 Dh est allouée aux espaces verts. Outre cette bouffée d’oxygène promise, on a également prévu la construction, pour un montant de 25.000.000 Dh, d’établissements culturels. Insuffler «un esprit culturel» à Casablanca est d’ailleurs l’un des éléments retenus pour sa promotion sur le plan touristique. Casa City Center, Marina, Palais des congrès, restauration de la Médina, animation…, la métropole veut redorer son blason pour figurer sur la liste des meilleures destinations touristiques du Royaume. Et pas n’importe lesquelles. Pour sortir des sentiers battus, Casablanca veut se démarquer par un tourisme esthétique. Combiner dépaysement et chirurgie-esthétique est une offre de plus en plus convoitée. Les packages, comprenant une intervention chirurgicale et un séjour touristique,  intéressent davantage des Européennes qui mettent le cap vers le Maroc pour repartir plus reposées et surtout plus belles.   Côté transport, Casablanca veut passer à la vitesse supérieure. Un plan de déplacement urbain (PDU) dans la région a été commandité en 2004 par le Conseil régional à un groupement de bureaux d’études (SARECO, SCET-MAROC et CADECH). Un diagnostic du secteur du transport ainsi qu’une panoplie de solutions sont proposés ( voir encadré page 5). La ville devra choisir le scénario qui lui sied et trancher en avril 2006. La révision du contrat de la gestion déléguée de l’eau, l’électricité et l’assainissement liquide reste l’un des éléments les plus saillants. C’est ainsi que trois commissions (juridique, économique et investissement) seront créées rien que pour contrôler la gestion du concessionnaire Lydec. La ville qui concentre 60 % des échanges commerciaux nationaux a posé les jalons de sa vision économique. Elle veut être plus compétitive, à vocation internationale et surtout moins industrielle. En effet, Casablanca tend à se spécialiser dans l’offre de services. Offshoring, aéronautique, logistique, formation, franchise, immobilier professionnel…ce sont-là ses secteurs prometteurs.  L’immobilier figure d’ailleurs en bonne place parmi ces projets promettant une révolution urbanistique de la ville. Le plan directeur d’aménagement urbain, actuellement en phase d’étude par l’agence urbaine, se penche sur deux points. Le moyen adéquat pour le décongestionnement de la métropole et l’aménagement de la corniche. L’autre projet qui promet «un nouveau souffle» à Casablanca est bel et bien l’aménagement de l’aérodrome d’Anfa. Ce sont donc 350 hectares qui seront, dans quelques mois, ouverts à un énorme projet immobilier. Transféré à Benslimane, le nouvel aérodrome sera ouvert en mars 2006 tandis que le déménagement d’une centaine de familles installées dans la Cité de l’air commencera au mois de juin prochain.
C’est une nouvelle métropole avec un visage moderne et des contours propres que les responsables locaux décrivent à travers leurs interventions. Il faut maintenant passer à l’action pour que les beaux projets dévoilés ne soient un simple catalogue de bonnes intentions.

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