Cadrage : Dakhla, capitale du Royaume

La visite qu’effectue actuellement S.M. le Roi aux provinces du sud revêt une importance primordiale et une symbolique qui se donnent à lire comme une proclamation solennelle et une affirmation sans équivoque d’un état d’esprit national et d’une attitude de sérénité que permettent la conscience tranquille et le sens du devoir.
Dans le prolongement de la réflexion nationale sur les meilleurs moyens d’intégrer les provinces sahariennes, eu égard au retard que les décennies d’occupation par un colonialisme espagnol des plus chichiteux, dans le processus de développement du reste du pays, cette visite, comme celles qui ont été effectuées antérieurement dans les provinces de l’Oriental, du Nord, du Tafilalet ou de n’importe quelle autre région du pays, est d’abord un fait national souverain. Dans la tradition monarchique, le déplacement du Souverain est vécu comme un geste et une action gorgés de sens et de symboles, prometteurs de bienfaits, d’écoute, d’attention, de chaleur, d’affection et de justice. Le concept traditionnel de M’halla pour identifier l’ensemble des symboles de l’autorité et du pouvoir qui font partie du cortège royal lors de ses déplacements dans les diverses régions du pays, réunissant responsables civils et militaires, intendance, théologiens, érudits, historiens, savants, corps de métiers, et divers serviteurs de l’État, recoupe parfaitement ce que l’actuelle visite royale dans les provinces du sud représente aux yeux des populations de ces régions comme à ceux du reste du royaume.
Dans le processus de mise en place du nouveau concept de l’autorité, de la régionalisation de l’investissement et de la décentralisation des services de l’Etat, la visite royale dans les provinces sahariennes traduit aussi cette constante qui cimente la nation, à savoir que toute décentralisation et toute place légitime donnée aux spécificités d’une région ne sont concevables que dans le cadre de la réaffirmation constante de l’identité nationale, une et indivisible, symbolisée par la personne du monarque auquel toutes les populations ont prêté unanimement allégeance. Cette même osmose est déclinée dans des gestes plus que symboliques tels celui de la tenue du Conseil des ministres dans cette région, qui l’espace de cet acte devient la capitale administrative et institutionnelle pour l’ensemble des Marocains.
Ces usages sont, bien entendu, évidents dans un pays ancré dans son authenticité et dans ses racines culturelles et civilisationnelles et qui a su de tout temps intégrer l’ensemble de ses composantes et en faire des opportunités d’enrichissement mutuel. Si ailleurs, on feint d’ignorer la solidité et la pérennité de ce socle, on se place tout simplement en marge d’une histoire qui continue à se déployer dans une majestueuse sérénité.

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