Cadrage : Le compte n’y est pas

Lorsque S.M. le Roi a procédé, en début de semaine, à la nomination d’un premier groupe de présidents d’université, il a appelé à veiller «à consolider davantage» la «procédure démocratique» qui devrait aboutir à la désignation des titulaires des cinq présidences d’université, sur quatorze, non encore pourvues. Le souverain a également exprimé son attachement à «maîtriser et à affiner» ladite procédure.
Les imperfections, le flou, voire les dysfonctionnements qui ont entaché la procédure de présélection, d’audition et de sélection des candidatures à ces responsabilités hautement stratégiques sont mises en cause. Elles le sont directement par le fait même qu’après des mois de concertations, de conciliabules, de réglages, on n’est pas parvenu en fin de compte à remplir pleinement ce cahier de charges qui consistait à réaliser un des objectifs majeurs devant présider à la mise en oeuvre du plan de réforme de notre université. Une réforme unanimement revendiquée et pour laquelle un immense potentiel de réflexion et de mise en forme a été consenti par l’ensemble des intervenants du secteur. Un grand et noble chantier ouvert sous l’impulsion de feu S.M. le Roi Hassan II, et l’engagement constant, ferme et vigilant de S.M. le Roi Mohammed VI qui réitère constamment la priorité donnée au secteur de la formation et de l’éducation, juste après celle donnée à l’intégrité territoriale sacrée.
Ces lacunes se manifestent également et de manière indirecte sur le climat d’amertume, d’incompréhension et de frustration qui prévaut au sein de la famille universitaire, notamment dans les régions où les présidences n’ont pas été pourvues.
On incrimine, ici et là, et de manière excessive parfois, des cas de népotisme, de favoritisme partisan, de dénaturation de l’esprit même de la procédure, de pressions de toutes sortes, de grandes manoeuvres opaques. Des irrégularités, dans l’esprit ou dans la forme, ont entaché la composition et les travaux des commissions de sélection, des profils retenus qui ne répondent pas aux critères retenus, des mises à l’écart de compétences affirmées, des interventions administratives intempestives, des arrangements et des connivences peu orthodoxes ont, malheureusement, retardé l’affectation des présidences d’université et jeté un discrédit sur ceux qui ont provoqué, volontairement ou à leur insu, cette situation peu reluisante.
Pourtant, l’université marocaine compte parmi ses rangs des compétences certaines, tant au niveau académique, qu’en termes de dynamisme en matière de recherche scientifique, que sur le plan de la vision et du projet, ambitieux et constructif, qu’ils nourrissent pour notre système universitaire en tant que locomotive de la réforme de notre système d’éducation et de formation, garant de notre avenir en tant que nation. Reste à permettre, par des règles du jeu claires et équitables, à ces compétences l’accès aux responsabilités et aux sphères de décision.
C’est l’esprit même de la réforme en cours et à laquelle tout le monde a exprimé son adhésion. Ceux qui la dénaturent doivent aussi répondre de leurs actes.

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