Cadrage : Le survivant

Le président Yasser Arafat vient certainement de remporter l’une des plus glorieuses victoires de sa longue carrière de combattant pour la liberté et l’honneur. Incarnation de l’identité palestinienne, symbole de la lutte du peuple palestinien pour la terre et pour la reconnaissance de ses droits légitimes, Abou Amar vient de signer une nouvelle page de l’héroïsme palestinien face à la barbarie de Sharon et de ses acolytes.
Enfermé dans son quartier général de Ramallah, soutenant stoïquement un véritable siège avec les moyens de bord, défiant la soldatesque israélienne qui a multiplié les agressions et les exactions jusque dans l’entourage du président palestinien, maintenant le contact permanent avec les chefs d’État et de gouvernement de la planète, il a su démontrer au monde entier l’abjection et la barbarie sionistes, emportées dans un délire des plus monstrueux. Celui de neutraliser et de faire disparaître le peuple palestinien et l’ensemble des symboles qui incarnent son identité et sa souveraineté.
Arafat a pu ainsi, dans l’adversité et malgré le carcan qui lui a été imposé par l’étau militaire sharonien et le tir de barrage de l’ensemble dispositif militaro-médiatique du puissant lobby pro-israélien, unir sur son nom l’ensemble des composantes et courants de la résistance palestinienne. À sa légitimité en tant que président élu du peuple palestinien, il ajoute les insignes de commandant en chef des combattants palestiniens, choisissant comme eux la devise qui consiste à lutter jusqu’au sacrifice suprême et au martyr, plutôt que de subir l’affront de la soumission et du déni de justice.
Mais, hélas, cette victoire, aussi éclatante et glorieuse qu’elle soit, a un goût amer. Les destructions massives de tout ce qui a été patiemment construit dans les territoires sous autorité palestinienne, le chaos des institutions administratives et socio-éducatives, des infrastructures, le climat d’insécurité et de brimades de tous ordres que le pouvoir militaire israélien impose aux populations palestiniennes ; tout cela relativise la victoire et complique davantage la situation du peuple palestinien.
Quant aux perspectives d’un véritable règlement durable, juste et équilibrée du conflit au Proche-Orient, elles demeurent encore lointaines et supposent une réelle volonté de la part de la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis, plus que jamais sollicités pour s’impliquer de manière plus équitable dans ce conflit qui n’a que trop duré.
S’il fallait une preuve supplémentaire pour se rendre compte jusqu’à quel point la situation dans la région est explosive et que les dérapages et les bavures comme ceux de Jénine ne peuvent que susciter une profonde amertume et de forts instincts de colère et de dépit, elle est désormais là, présente quand on voit les images apocalyptiques de ces territoires dévastés. Alors, il est plus que jamais urgent d’agir et d’agir vite, et dans le bon sens, cette-ci. Si ce n’est déjà trop tard !

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