Cadrage : Les marches de l’enfer

L’affaire Hamed Abderrahmane n’est qu’un cas parmi des milliers : les combattants arabes afghans recrutés, au nom du “Jihad contre les mécréants“, pour le compte du réseau mondialisé d’Ouassama Ben Laden. La préférence des sergents-recruteurs va évidemment pour les candidats installés en Occident et ayant une double nationalité. Un avantage, par rapport aux clandestins, qui leur permettrait de circuler librement dans les différents pays d’accueil sans risque d’attirer l’attention des autorités ou des services. C’est par ce procédé de sélection qu’une armée de guerriers, issus de divers pays arabo-musulmans, sont enrôlés sous la bannière islamiste.
C’est la guerre d’Afghanistan qui a enfanté le phénomène des Moujahidine, nouvelle version, et plus particulièrement du Jihad armé perfectionné. Dès le début des années 80, cette guerre va entraîner l’arrivée dans ce pays d’Asie centrale, au nom de la guerre sainte contre l’envahisseur soviétique, des milliers de combattants notamment Saoudiens, Égyptiens, Algériens et Marocains… La résistance s’organise et se renforce grâce à l’assistance logistique des Etats-Unis.
Toutefois, les camps d’entraînement qui avaient servi initialement à former des combattants pour chasser les Soviétiques accueilleront, une fois la guerre terminée, une nouvelle vague de militants islamistes, volontaires pour mener le combat, une fois rentrés dans leur propre pays, au Moyen-Orient, en Europe ou au Maghreb. Les activistes des groupes armés, qui sèment l’horreur en Algérie depuis plus d’une décennie, ont fait leur classe en Afghanistan.
Hamed Abderrahmane présente le profil type des candidats au Jihad dont raffolent les maîtres à recruter islamistes. En plus du chômage et de l’exclusion dont il souffre, il vit un problème identitaire grave. Il ne se sent ni musulman, ni espagnol. Mal dans sa peau. Son pays d’origine, du fait de l’occupation se Sebta par l’Espagne, n’a rien entrepris pour lui faire prendre conscience de sa culture marocaine. Quant au pays dont il porte la nationalité, il le considère comme un citoyen de seconde zone, bon à être poussé vers la marge.
C’est le sentiment d’abandon qui mine ainsi Hamed Abderrahmane, prêt à s’embarquer dans n’importe quelle aventure pour s’affirmer et se venger. Comme la nature a horreur du vide, il sera récupéré par les mouvements islamistes qui se chargent, eux, de l’éveiller à son identité musulmane tout en l’éduquant dans la haine du monde occidental. Un travail d’endoctrinement et de mise en condition englobant l’obéissance au chef, qui peut être assimilé à un bourrage de crâne ou à un lavage de cerveau. Cette étape terminée, commence une autre, celle des camps d’entraînement en Afghanistan : les techniques de guérilla et le maniement des armes. La boucle de l’islamisme violent est ainsi bouclée. Vous avez un homme disposé à mener la guerre sainte ou à se transformer en bombe humaine. Il suffit juste de le programmer.

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