Cadrage : Sérénité

Le Premier ministre, dans son rôle de chef du gouvernement de l’alternance consensuelle, comme dans son rôle de Premier secrétaire de la formation politique qui pilote cet attelage pléthorique, est réellement en première ligne. Ce rôle de capitaine d’équipe, il l’assume comme une responsabilité historique, liée aux conditions particulières dans lesquelles il a fait son entrée au gouvernement. Mais, il l’assume aussi comme la consécration d’une certaine idée de la politique, considérée comme un sacerdoce citoyen, comme une forme d’accomplissement et non pas comme une simple ruse ou un calcul trivial.
En fait, à l’heure du bilan de cette tranche de vie intense et exaltante au regard de l’enthousiasme et de la passion qu’il met à en parler, il est en droit d’aligner un palmarès plus qu’honorable. Son destin l’a mis au centre d’un chaînon essentiel de l’histoire contemporaine du Maroc. Celui au cours duquel il a fallu opérer une transition entre, d’une part, les décennies des ressacs nés d’une relation hautement heurtée entre l’État et les différentes forces qui avaient une prétention à accéder au pouvoir, chacune selon les modalités et les procédures qui lui paraissaient les plus efficaces, et d’autre part, une nouvelle ère dont on est à peine en train d’esquisser les contours et les caractéristiques.
La principale caractéristique de la période actuelle est de mettre un terme à la phase transitoire au cours de laquelle il a fallu fixer et stabiliser les règles du jeu et conclure les débats procéduraux sur un certain nombre de textes fondamentaux qui constituent désormais la norme qui organisera les relations entre divers acteurs de la vie publique.
La norme est certainement le maître mot de la période qui pointe à l’horizon. La norme dans la pratique politique, qui favorise l’éclosion de cadres organisés dont la fonction est d’encadrer et de former les citoyens à assumer des fonctions et des responsabilités dans les affaires de la cité. La norme dans les rapports entre les pouvoirs, avec des prérogatives claires et des frontières identifiables qui bannissent les interférences et endiguent les abus.
La norme, enfin, dans l’engagement citoyen, avec le plein droit pour les citoyens d’exercer cette prérogative avec les partis qu’ils souhaitent, de choisir librement et d’avoir une visibilité sur les programmes.
Me Abderrahmane Youssoufi, là aussi, est en train de nous donner une leçon de démocratie et de responsabilité, dans sa manière, sobre et ascète de pratiquer son engagement politique, dans le courage qui consiste à assumer son bilan et à ne pas se défausser sur des faux-fuyants, et dans la manière sereine et tranquille avec laquelle il entrevoit l’avenir démocratique de ce pays, de manière optimiste et constructive.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *