Cadrage : Survie

A quelques mois de la fin de l’actuelle législature, les partis de l’opposition de droite parlementaire sont à la croisée des chemins et se posent légitimement la question fondamentale de leur propre bilan en tant qu’opposition. Les leaders de ces partis se rendent compte, peut-être plus que jamais par le passé, que la carrière politique n’est pas du tout un long fleuve tranquille. Elle est d’autant plus problématique que la période qui est en train de s’achever, comme toutes les périodes de transition, est une période de profondes remises en question, de recompositions politiques fondamentales et de mutations de la société tout entière.
Face à une majorité gouvernementale dont le chef de file Abderrahmane Youssoufi a tenu à ratisser le plus large possible et à s’assurer le soutien des principales formations politiques traditionnelles et organisées, les trois partis du Wifak devaient du jour au lendemain s’affranchir de la tutelle, vraie ou supposée, de l’administration, gérer des conflits de personnes et d’intérêts très pointus, combler le vide laissé par la disparition de grands ténors qui comptaient beaucoup dans la cohésion de ce bloc et donner une identité et une histoire partisanes à leurs troupes. Un défi titanesque qui a sensiblement amoindri les opportunités de visibilité et d’action de l’opposition dont les prises de position manquement à la fois d’harmonie, de cohérence et partant de politique dans le pays.
Pourtant, dans le pays, il existe nécessairement une place et une marge de manoeuvre pour cette sensibilité politique dont un grand nombre de cadres ont bénéficié d’une longue expérience dans de hautes charges dans les rouages ministériels, dans des établissements publics, dans de grandes entreprises et dans des fonctions libérales. Ce potentiel a certainement pris beaucoup d’épaisseur à la faveur de ce passage dans l’opposition et dans le cadre d’un combat politique face à une majorité qui n’a pas démérité et qui, en tout état de cause, a su, jusqu’à présent faire bloc et minimiser l’impact de l’opposition.
Cependant, les partis du Wifak se trouvent désormais devant un grand dilemme. Ils sont appelés à intégrer dans leur futur stratégie les nouvelles donnes découlant d’une profonde et active recomposition du champ politique national avec l’émergence d’au moins trois pôles agissants : social-démocrate, conservateur et libéral. La droite traditionnelle est appelée à adhérer de manière active à cette dynamique de recomposition, à adapter ses structures et son discours à ces nouvelles donnes politiques et à mieux accompagner les mutations que connaît la société marocaine dans tous ses compartiments. Il y va finalement de sa subsistance en tant que force politique et de son rôle dans l’offre de choix qui sera proposée aux électeurs lors des prochaines échéances.

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