Chasse à l’homme

A quelques jours de l’élection des présidents des conseils communaux, les autorités publiques ont lancé une vaste chasse à l’homme, ou plus exactement une chasse au rassemblement des conseillers communaux. Cette infraction, qui peut paraître bizarre de prime à bord, est en fait très suspecte. Ainsi, la majorité écrasante des candidats à la présidence des conseils communaux préfèrent souvent éloigner les élus qui leur sont favorables pour éviter que la concurrence ne puisse les approcher. Dès qu’un candidat réuni une majorité de voix, il quitte sa commune vers une autre ville. C’est ainsi, qu’un groupe de conseillers de la commune de Nador ont été arrêtés mardi dernier. Les quatorze élus, parmi lesquels, le président sortant, Tariq Yahia, ont été appréhendés dans une résidence à Bouznika puis déférés devant la justice. Celle-ci a rendu son verdict, innocentant tout le groupe. En fait, ce sont les concurrents de Tariq Yahia qui ont alerté les autorités publiques. Toujours à Bouznika, les autorités ont également arrêté, le même jour, un autre groupe d’élus venus s’isoler loin des tentations de la concurrence. Il s’agit de plusieurs conseillers de la commune rurale Lakhnichet (province de Sidi Kacem). Le procureur général du Roi de la Cour d’appel de Casablanca, Abdelkebir Alaoui Belghiti, a indiqué dans un communiqué que les personnes arrêtées sont poursuivies pour « tentative d’obtenir le suffrage d’électeurs en contrepartie d’avantages, tentative de porter atteinte à la transparence du vote et acceptation d’avantages contre le vote en faveur d’une personne, et ce conformément aux articles 100 et 106 de la loi 9/97 du code électoral ». Les mis en cause risques une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et une amende de 100.000 DH. Mercredi 17 septembre, un autre groupe d’élus, a été arrêté par la police judiciaire, pour les mêmes motifs, à Nador, cette fois-ci. Il s’agit de treize conseillers de la commune Sebaa Rouadi-Aïn Allah à Fès, regroupés dans un hôtel de Nador. Le ministère de l’Intérieur a également annoncé jeudi, l’arrestation de deux groupes d’élus rassemblés à Ifrane. Le premier groupe comprend sept personnes de Tétouan et le second est composé de quatorze élus de Khémisset. Ces deux groupes seront présentés à la justice qui statuera sur leur cas. La vague des arrestations n’est pas terminée. Sur dénonciation des populations, la police a arrêté, toujours à Ifrane, treize élus de la commune de Rissani. A Safi, cette fois, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de douze conseillers communaux appartenant à une commune de Taroudant. L’hécatombe n’est pas finie. Et pour cause, sur instruction du procureur général du Roi à Marrakech, la gendarmerie a procédé à l’arrestation, mercredi dernier, d’un groupe de dix-sept élus d’El Jadida appartenant au MNP, au PJD, à l’UD et au PND. Ces personnes ont été arrêtées dans un palace de la ville ocre.

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