Chiche pour le Bakchich

Chiche pour le Bakchich

Le rapport 2003 sur la corruption internationale a placé le Maroc en 70ème position sur 133 pays dans le classement annuel établi par Transparency International (TI). Avec une ponctuation de 3,3 sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption) à 10 (haut niveau de probité), le Maroc, qui se trouve au même niveau que la Bosnie-Herzégovine, l’Egypte, et la Thaïlande, a chuté de 18 points par rapport au classement de l’année dernière où il figurait en 52ème position. Rappelons que le classement de Transparency International (TI) sur la corruption mondiale est fondé sur la perception du degré de corruption ressenti par les milieux d’affaires, les universitaires et les analystes. Pour établir son indice pour l’année 2003, TI a fait appel à 17 enquêtes et sondages différents, réalisés par 13 organismes indépendants auprès des milieux d’affaires et des analystes de risques-pays, notamment des enquêtes auprès de la population locale et expatriée. Par rapport aux pays arabes, le Maroc arrive en 6ème position après les Emirats Arabes Unis (37ème), la Tunisie (39ème), la Jordanie (43ème), l’Arabie saoudite (46ème), et la Syrie (66ème). Dans son Rapport mondial sur la corruption 2003, daté du 15 juillet de la même année, Transparency International avait consacré quelques paragraphes au Maroc dans lesquels cette ONG marquait ses principaux reproches en matière de corruption et dont le principal sujet a été celui de la Justice. « En collaboration avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID), la Banque (mondiale) a aidé le Maroc à améliorer le fonctionnement de ses tribunaux commerciaux mais un sondage à la Chambre de commerce des États-Unis d’Amérique à Casablanca a montré que 78 % des entrepreneurs étrangers continuent de croire que le système judiciaire marocain est inefficace et enclin à la corruption », dit le rapport. Rappelons que TI est représentée au Maroc par Transparency Maroc qui a créé, depuis juin 2001, l’Observatoire National de Corruption qui a pour tâche de tenir une base de données informatisée et la publication d’un Rapport Annuel sur la Corruption au Maroc (RACM). Cette action de la société civile rejoint des efforts entrepris par les instances officielles depuis quelques années pour lutter contre ce fléau qui freine le développement du pays. D’ailleurs, la lutte contre la corruption est l’une des priorités nationales sur laquelle Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait mis l’accent dès son accession au Trône. « Nous avons le souci de voir préserver la culture et l’éthique du service public, par une élite administrative imprégnée des valeurs de compétence, de probité, de mérite et dévouement à la chose publique, une élite qui soit à l’abri de toute sorte de pressions et des réseaux de favoritisme, de népotisme, de corruption et d’abus de pouvoir », avait annoncé le Souverain dans le discours adressé à la Nation à l’occasion du premier anniversaire de son accession au Trône. Le discours avait aussi adressé une mise en garde contre toutes les formes de corruption qu’elle soit à caractère politique ou économique. « Par conséquent, nous ne saurions admettre qu’une position politique ou administrative soit mise à profit pour obtenir des avantages pour soi-même ou pour les siens », avait dit SM le Roi qui a appelé le gouvernement à faire preuve de fermeté et à prendre les mesures nécessaires pour un meilleur contrôle en la matière. « Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils fassent preuve de fermeté à cet égard, en adoptant, outre les moyens de contrôle administratif et judiciaire dont ils disposent, de nouveaux instruments et organes d’évaluation des politiques publiques et en associant, parallèlement, le secteur privé, la société civile et les élus, à l’élaboration et la mise en oeuvre des projets », avait annoncé le Souverain. Suivant les instructions royales, le gouvernement, alors dirigé par Abderrahmane Youssoufi, avait procédé à l’élaboration d’un plan d’action pour « la moralisation de la vie publique ». En avril 2002, une campagne nationale de communication pour la moralisation de la vie publique est lancée pour la promotion des valeurs relatives à la gestion des affaires publiques. Mais, il faut avouer que les efforts déployés par le ministère chargé des Affaires générales du gouvernement, alors dirigé par Ahmed Lahlimi, n’ont pas été continués avec le même enthousiasme par son successeur. Par ailleurs, le Maroc a connu, durant l’année en cours, l’éclatement de plusieurs affaires qui ont révélé l’existence de réseaux de corruption ayant de très grandes ramifications comme ce fût le cas dans l’affaire du trafiquant de drogue Mounir Erramach. Des juges, des hauts responsables de la police, de la Gendarmerie et des officiers des FAR sont actuellement poursuivis dans le cadre de cette affaire. Ce qui atteste de l’ampleur de ce fléau dans certaines régions du Royaume. De même qu’à l’occasion des élections communales, l’on a constaté comment la corruption des grands électeurs a pu fausser les données de la carte politique nationale lors des élections des présidents et des bureaux des Conseils communaux. Enfin, le Maroc, qui doit faire face à des problèmes sociaux et économiques des plus urgents à savoir le chômage, l’habitat insalubre et l’extrémisme doit impérativement faire de la lutte contre la corruption une priorité car on ne peut combattre les disparités sociales sans une véritable moralisation de la vie publique.

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