CNCA : Statu-quo autour de la réforme

La transformation de la CNCA (Caisse Nationale du Crédit Agricole) en SA n’est pas pour demain. A la déception générale de plusieurs représentants de la nation, le projet de loi portant sur la mutation de la banque ne sera pas soumis au Parlement. Même si l’agence de notation américaine Standard & Poor’s a souligné dans son dernier rapport sur le système bancaire que la CNCA frôle la faillite, la réaction du gouvernement se fait toujours attendre. Il faut reconnaître que le projet de transformation de la banque a des enjeux politiques. Certains partis à leur tête l’Istiqlal s’opposent à la refonte du texte portant création de la CNCA datée de 1961. Selon eux, le projet en question remet en cause les intérêts des petits agriculteurs. Tout en rappelant que les objectifs arrêtés par le Dahir de 1961 portant création de la CNCA sont toujours d’actualité, ces formations avancent que le texte constitue un retour en arrière. Leur jugement s’appuie sur les chiffres communiqués par le Ministère de l’Agriculture. Ces derniers affirment le faible potentiel de bancarisation parmi les clients du Crédit Agricole. Faut-il déduire que la réforme de la CNCA est renvoyée aux calendes grecques. Nul ne peut le savoir. Même la direction générale reste discrète sur le sujet. La banque met les bouchées doubles dans le domaine de l’allègement des dettes des agriculteurs. En décembre 2002, plus de 70000 agriculteurs situés en zone bour ont bénéficié de cette mesure pour un encours global de 3,1 milliards de DH, indique la banque. L’opération prendra fin en mars 2002. A noter que le dispositif mis en place porte sur 146000 dossiers pour un encours global de 9,5 milliards de DH. L’adaptation du montant des échéances annuelles aux capacités réelles de l’exploitation, la réhabilitation de la culture du remboursement des crédits et le redressement de la situation financière de la banque, figurent en tête de liste des objectifs fixés par ce dispositif. Il y a lieu de préciser que les adhésions pour l’opération solde de tout compte restent encore faibles. Cela n’empêche pas la banque d’avancer que les résultats sont encourageants. Auprès des producteurs et des exportateurs des fruits et légumes (APEFEL), on tient un autre discours. En un mot, le dispositif de règlement du surendettement ne couvre pas toute l’activité. L’APEFEL demande tout simplement l’arrêt des poursuites judiciaires engagées par la CNCA et d’autres banques contre les agriculteurs. Les doléances des producteurs et exportateurs de fruits et légumes restent lettres mortes. La priorité de la Caisse est d’assurer le bon déroulement de l’opération d’allègement du surendettement des agriculteurs.

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