Code ISPS : La faille

Code ISPS : La faille

Pas moins de 200 millions de DH ont été déboursés par le ministère de l’Equipement et des Transports pour mettre en conformité les cinq ports commerciaux marocains aux nouvelles normes internationales. Le Code ISPS, qui  définit les nouvelles dispositions de sûreté à appliquer aux navires et aux installations portuaires des pays signataires de la convention Solas, dont le Maroc, pêche par manque d’application. Entré en vigueur en septembre, ce code prévoit de multiples actions. Plusieurs d’entre elles se rapportent au contrôle des accès aux installations portuaires et ont déjà été réalisées. A commencer par les 5.400 mètres linéaires de murs de clôture et de séparation et l’équipement des ports par le système AIS d’identification automatique des navires et le système VTS de gestion de trafic des navires ou de radars ARPA. Les ports de Casablanca, Nador, Tanger et Agadir ont été équipés de scanners pour le contrôle des conteneurs et des camions TIR. Ceci sans compter l’achat de 17 scanners pour bagages à main, 16 portiques pour passagers et 26 détecteurs portatifs de métaux. En cela le Maroc n’avait pas le choix. La non-conformité aux dispositions du code ISPS condamne les pays concernés à voir leurs ports désaffectés par les navires étrangers et les navires battant pavillon national refusés d’accès aux ports étrangers.
Mais, si, d’après Karim Ghellab, ministre des Transports et de l’Equipement, les installations portuaires et les navires marocains sont conformes aux dispositions du code ISPS, sur le terrain, le dispositif n’est pas encore totalement mis en place. Les délais d’installation des équipements précités sont fixés entre décembre 2004 et mars 2005. En gros, on est plus dans un processus de mise en conformité que dans une conformité effective. D’autant que malgré l’adoption du code ISPS, le port de Casablanca, comme d’autres ports, laisse encore passer des candidats à l’émigration clandestine. De jeunes candidats au départ s’y infiltrent suvent. Le port de pêche et le bassin d’armement constituent un endroit de passage particulièrement utilisé pour gagner les navires accostés au quai.
L’International maritime transport corporation (IMTC) a été victime de deux incidents liés à l’émigration clandestine. Le premier remonte au 19 août 2004. L’incident s’est produit sur le navire roro «Azzahra» qui assure la liaison Casablanca-Gênes. Ce sont 24 candidats à l’émigration clandestine qui ont été découverts avant l’arrivée du navire à destination. Les autorités françaises ont contraint le navire à débarquer les clandestins au port de Nador. Plus récemment, le navire MV «Saâd» a connu le même calvaire, avec tous les frais engendrés, notamment en combustibles et en temps.
Le ministre, lui, a admis à plusieurs occasions  que «le travail ne s’achève pas avec la déclaration de conformité des ports et des navires au Code ISPS». 

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