Comment la police a piégé Habbouch

Comment la police a piégé Habbouch

Abdelaziz Habbouch, qualifié de bras droit de Saâd Houssaïni, l’un des patrons du GICM, a été arrêté suite à une communication avec l’un de ses amis : Haddaoui Sbaï Idrissi qui vient d’être remis en liberté après près d’un mois de détention. Selon des sources informées, Abdelaziz Habbouch, l’un des terroristes les plus recherchés depuis 2003, était donné pour mort en Afghanistan et les enquêteurs avaient perdu tout espoir d’en retrouver la trace, surtout qu’il est présenté comme un homme-clef du GICM (Groupe islamique combattant marocain).
Fin mai dernier, les enquêteurs ont trouvé l’astuce pour en avoir le cœur net et, éventuellement, débusquer le terroriste en cavale comme cela avait été le cas pour Saâd Houssaïni. Les éléments dont disposaient les enquêteurs indiquaient que Abdelaziz Habbouch entretenait de solides liens d’amitié avec le dénommé Haddaoui Sbaï Idrissi et soupçonnaient ce dernier, commerçant de téléphones portables et accessoires, de cacher le premier. Les deux ayant grandi dans le même quartier casablancais de Mzabyine. Haddaoui Sbaï Idrissi a ainsi été arrêté le 25 mai dernier pour s’exprimer sur ses relations avec Abdelaziz Habbouch et surtout pour servir d’appât pour l’arrestation de ce dernier. Au troisième jour de détention, Abdelaziz Habbouch a fini par contacter son ami d’enfance comme chaque fois qu’il était dans le besoin. Les éléments de la police n’avaient plus qu’à le cueillir.
De sources salafistes, on apprend d’ailleurs que Haddaoui Sbaï Idrissi a été remis en liberté, vendredi dernier, la police n’ayant trouvé rien à lui reprocher après plusieurs semaines d’investigations. La famille de ce dernier, elle, avait avancé l’hypothèse de son "enlèvement" par la police, accusation relayée par des associations de défense de droits de l’Homme.
Abdelaziz Habbouch, arrêté au quartier Maârif le 28 mai, n’a jamais quitté le Maroc depuis qu’un avis de recherche avait été lancé contre lui, le 18 mai 2003. Il y figurait aux côtés de Saâd Houssaïni, de Youssef Addad, Abdelmalek Bouyzkarne et Karim Mejjati entre autres noms révélés aux enquêteurs par Rachid Jalil et Mohamed Omari, les deux kamikazes qui avaient changé d’avis à la dernière minute, le 16 mai 2003, avant d’être arrêtés par la police.
Malgré son jeune âge, Habbouch est l’un des vétérans de l’Afghanistan. C’est dans ce pays qu’il a fait la connaissance de plusieurs fondateurs du GICM dont Saâd Houssaïni et Taïeb Bentizi. Mais aussi de Abdelaziz El Bassari dont il épousera la fille de retour au Maroc. El Bassari, arrêté en 2002, a été condamné à la prison à vie avant que cette peine ne soit ramenée à 12 ans de prison ferme au terme d’un recours en appel.
Selon des sources judiciaires, Abdelaziz Habbouch, qui aurait circulé durant toute cette période sous une fausse identité, aurait déjà fourni de précieuses informations sur le fonctionnement et les relations à l’étranger du GICM.
Né le 27 juillet 1976 à Bouskoura, ce technicien des appareils téléphoniques est rentré au Maroc en février 2002, soit quelques semaines à peine avant les attentats du 16 mai 2003. Les mêmes sources affirment que le juge d’instruction antiterroriste avait programmé, pour les jours à venir, une nouvelle série de confrontations entre Abdelaziz Benzine, Abdelaziz Habbouch, d’un côté, et Saâd Houssaïni, de l’autre côté.
Saâd Houssaini, lui, a été arrêté le 8 mars à Casablanca dans un cybercafé au quartier "El Haddiouiya", près de Sidi Maârouf. Lui également a été localisé grâce à une communication téléphonique depuis son GSM.

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