Conjoncture : un seul exercice et deux taux de croissance

Au lendemain de la publication de la note d’information du Haut Commissariat au Plan sur la situation de l’économie nationale en 2008, Salaheddine Mezouar annonce que l’objectif d’un taux de croissance de 6,8% en 2008 est «atteignable». Devant la Commission des Finances et du développement économique à la Chambre des représentants, mercredi 9 juillet, le ministre de l’Economie et des Finances est resté rassurant. En effet, le Haut Commissariat au Plan table, quant à lui, sur un taux de croissance de 6,2 % pour l’actuel exercice. «Nous avons prévu un taux de croissance de 6,8 %, on a réalisé 7 % le premier trimestre 2008 et tous les indicateurs de l’économie montrent que l’objectif de 6,8% est atteignable», a affirmé M.Mezouar. Entre les deux taux de croissance, il y a une différence de 0,6 %. «En fait, le gouvernement s’est fixé comme objectif d’atteindre un taux de croissance de 6,8 %. Au HCP, nous pensons que le taux de croissance sera de 6,2 % pour cette année. La différence est que le gouvernement annonce un objectif et nous une prévision», note Ahmed Lahlimi Alami, Haut commissaire au plan. «Cette différence entre les deux taux de croissance ne concerne pas uniquement le Maroc. Cela arrive dans plusieurs pays du monde. Pour avoir les chiffres exacts, il faut attendre la note de la comptabilité nationale», ajoute M. Lahlimi Alami. Au Parlement, le ministre de l’Economie et des Finances a expliqué que les 6,8% est réalisable du fait que le taux de croissance «n’est plus lié aux aléas climatiques». «L’économie nationale continue à dépendre des aléas climatiques. La preuve, c’est qu’en 2007, nous avons réalisé un taux de croissance de 2,7% à cause d’une  mauvaise campagne agricole», remarque le Haut commissaire au plan. Selon les analystes du HCP, le secteur primaire, soutenu par une production céréalière de 50 millions de quintaux, au lieu de 20 millions enregistrées en 2006-2007, réaliserait une croissance de sa valeur ajoutée de 9,7 % en 2008 au lieu d’une baisse de 20% une année auparavant. En plus du taux de croissance, la différence entre le Haut Commissariat au Plan et le ministère de l’Economie et des Finances concerne aussi le taux d’inflation. Devant les parlementaires, M. Mezouar a cité une batterie de mesures pour maîtriser le taux d’inflation «qui ne doit pas dépasser 2,8 % sur la moyenne de l’année». Dans la note d’information du Haut Commissariat au Plan, rendue publique mardi 8 juillet, le taux d’inflation, mesuré par le prix implicite du PIB, serait de 3,1% au lieu de 3,8 % en 2007. Toujours rassurant, le ministre de l’Economie et des Finances a souligné que «pour faire face à la pression liée à la Caisse de compensation, le gouvernement a pris une série de mesures complémentaires qui portent sur la solidarité, la réduction du train de vie de l’Etat et l’augmentation des prix de certains produits qui ne touchent pas directement le pouvoir d’achat du consommateur». Au Haut Commissariat au Plan, on note que les dépenses de compensation dépasseront les 40 milliards de dirhams à fin 2008 au lieu de 15 milliards retenus initialement dans la loi de Finances. «En dépit de l’impact de l’augmentation des prix des matières premières au niveau international et de leur répercussion sur le budget de l’Etat, nous allons maintenir le déficit à un niveau de 3%», a  assuré le ministre de l’Economie et des Finances.
«Nous avons enregistré une hausse des dépenses liée à l’augmentation de la compensation ainsi qu’une augmentation extrêmement positive supérieure à 20% des recettes fiscales. Ce qui nous permettra de faire face à cette augmentation des dépenses», a conclu
M. Mezouar.

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