De la responsabilité des partis

Plus les élections approchent plus l’action politique partisane devient attirante pour les électeurs. Il va sans dire que lors des prochaines élections, la situation sera d’une difficulté probablement insurmontable pour plusieurs partis nouvellement créés.
Certes, avec une gamme de plus d’une trentaine de partis, les citoyens n’auront que l’embarras du choix, mais, toujours est-il que la mémoire collective du peuple ne s’endort jamais et que le tri est toujours possible. Il suffit, à cet effet, que les responsabilités des uns et des autres soient définies et que les partis assument leur devoir d’éducation des masses, de propulsion de nouvelles élites dirigeantes et d’élaboration de projets de développement économique et social, aussi bien sur le plan national, qu’au niveau régional et local. Contrairement aux expériences précédentes, l’appareil administratif, tant accusé par le passé de confectionner une carte politique sur mesure et de créer des formations partisanes dociles et malléables, est en train de changer de peau et d’adopter de nouvelles démarches à l’égard des citoyens et des partis politiques. Jour après jour, il confirme sa distanciation vis-à-vis des appareils de médiations politiques.
Fini certainement le temps des quotas déguisés, fixés pour les sièges parlementaires et communaux, avant les campagnes électorales, et de l’action dans l’ombre entamée, par des faux démocrates, à l’encontre la démocratie et en son nom.
Fini aussi le temps où certaines sphères de décision intervenaient dans la gestion interne des partis politiques, soit pour impulser une scission, soit pour aider un clan à prendre en main les instances dirigeantes de ces formation.
La tête de Janus n’a plus de raison d’être. Les temps ont changé, et ce changement explique, en grande partie, l’inquiétude de certaines formations partisanes parasites, habituées à vivre de la rente autoritaire.
Confrontées à la vérité dans ses dimensions réelles, bon nombre de créatures partisanes seraient probablement en voie d’extinction et de subir la règle darwinienne du «plus fort ».
Autre question non moins importante a trait aux mécanismes de gestion internes des appareils de médiation. La responsabilité des partis n’est plus désormais cantonnée à sa dimension publique, qui consacre les relations à sens unique, allant des partis vers les citoyens, mais aussi une gestion interne saine, transparente et démocratique.
Il va de soi que l’adoption du mode de scrutin de liste dote les instances dirigeantes des partis de pouvoirs importants, dans le sens de la désignation des candidats aux élections et il est hors question que les formations politiques se transforment en féodalités au service d’états – majors sclérosés reproduisant les valeurs rétrogrades du clientélisme, du népotisme et de l’allégeance moutonnière.Car, si le législateur a consacré le principe de la liberté de création de partis, conformément à l’option pluraliste préconisée dans le pays, c’est aux dirigeants ces partis de faire preuve de respect des exigences de la modernisation du champ politique.

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