De la responsabilité gouvernementale

L’intervention des forces de l’ordre, mardi soir à Rabat, contre les victimes de l’escroquerie d’Annajat qui observaient un sit-in devant le Parlement remet en question la gestion de ce dossier par gouvernement. Une gestion qui laisse à désirer en termes de transparence et de responsabilité.
Certes, le nouveau gouvernement présidé par Driss Jettou a hérité ce problème de son prédécesseur, mais il faut prendre en compte le principe de la continuité dans la responsabilité de l’Etat qu’incarne l’Exécutif. D’autant plus que son équipe compte parmi ses rangs le ministre qui a été à l’origine de ce scandale et qui avait engagé officiellement la responsabilité du gouvernement dans cette affaire en réitérant à maintes reprises à travers des déclarations à la presse dont la télévision que cette opération de recrutement remplissait toutes les garanties nécessaires.
Mais, aujourd’hui, plus de trois mois après sa nomination, le gouvernement Jettou est encore incapable de prendre des mesures concrètes afin de remédier à la situation catastrophique de plus de trente mille victimes et qui a été provoquée par l’escroquerie d’Annajat. Néanmoins, le chef de la Primature avait déclaré dans un entretien qu’il avait accordé à un quotidien national au mois de janvier que son gouvernement était décidé à solutionner ce problème et à en déterminer les responsables. « Une enquête est en cours pour voir si nous pouvons récupérer quelque chose chez le donneur d’ordres en faveur des victimes et pour identifier les responsabilités chez nous. Nous nous sommes engagés à rembourser ces victimes. Il y a deux autres points qui me préoccupent dans cette affaire : comment notre système a-t-il pu se tromper de cette manière et ce système de l’Anapec est-il réellement efficace, avec les hommes qu’il faut ? », avait-il déclaré. Tant les promesses que les interrogations contenues dans cette réponse du chef du gouvernement sont restées sans suite concrète jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, en ce qui concerne la société Annajat, aucune démarche judiciaire ou autre n’a été entreprise auprès des arnaqueurs émiratis. De même que rien n’a été fait jusqu’à maintenant afin d' »identifier les responsabilités chez nous » comme disait le Premier ministre.
Pour ce qui est de l’engagement de remboursement des victimes, la promesse est répétée par tous les membres du gouvernement à chaque fois que la question leur est posée. Mais, il faut avouer qu’aucune victime n’a encore été remboursée. Aussi, faut-il mentionner qu’outre les engagements non-respectés, les interrogations de Driss Jettou sont aussi restées sans réponse.
De ce fait, il est évident que la question qu’il s’est posé à savoir « comment le système a-t-il pu se tromper? » est restée, non seulement sans réponse, amis aucune procédure de réflexion n’a été engagée dans ce sens.
S’agissant de savoir si le système de l’ANAPEC est efficace, le gouvernement paraît avoir décidé d’ajourner la question et de continuer à faire confiance à cette agence dont la direction assume une grande responsabilité dans ce scandale. La preuve est le maintien en son poste du directeur qui a mené l’opération. En plus, le gouvernement compte charger l’ANAPEC de nouvelles opérations dont l’organisation, la sélection des candidats et le départ annuel du contingent d’ouvriers marocains vers l’Espagne conformément à l’accord signé entre les deux pays.

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