Des longueurs d’avance

Le fait est là. L’enseignement va à deux vitesses, sinon plus. Entre le public et le privé, le fossé s’élargit davantage. Et les raisons en sont multiples.
Aujourd’hui, et peut être plus que par le passé, on est entrain de réaliser qu’au lieu de constituer un complément au public, au lieu de pallier les insuffisances de ce dernier, le privé est devenu un constituant à part dans le système éducatif. Finis les temps où l’école libre du mouvement national faisait la concurrence à l’école coloniale. Et fini le temps où le privé n’arrivait pas à afficher clairement ses ambitions, à savoir faire des bénéfices.L’enseignement public, surtout au niveau du supérieur est largement dépassé aujourd’hui par les filières du privé. Chose somme toute ordinaire puisque le privé fournit, du moins sur la paperasse, des débouchés certaines…
Le chômage est, faut bien le reconnaître, moins élevé chez les lauréats du privé…
La dévalorisation de l’enseignement s’est aussi faite dans un seul sens. Le public vidé de sa substance, vidé de ses principaux animateurs, convertis au privé, ne peut plus suivre. Il est devenu plus une issue des sans issue, que le résultat d’un choix réfléchi. Et cela est valable pour les élèves et pour les enseignants. Le péril est depuis longtemps en la demeure…
Les programmes posent un autre sérieusement au secteur public. Le privé aménage généralement ses programmes en fonction des demandes du marché. Des filiales techniques se font jour pour répondre justement aux nouvelles valeurs exigées par un marché de plus en plus ouvert sur le monde. Alors que l’enseignement public ne répond que très partiellement à ces évolutions…

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