Des plans de paix obsolètes

Plus de cinquante ans que le conflit israélo-arabe dure. Plus d’un demi-siècle de souffrances palestiniennes. De massacres et de déportation. Le 29 novembre 1947, date noire pour les Palestiniens. Jour où l’Organisation des Nations Unies à peine créée, adopte le plan de partage de la Palestine, permettant ainsi à Israël d’avoir son État sur plus, beaucoup plus des 50% des terres palestiniennes. Avec, en sus, plus que la moitié de la ville sainte d’Al Qods… La Bande de Gazza restait sous l’administration égyptienne et la Cisjordanie sous le contrôle jordanien. En juin 1967, l’armée israélienne envahit ces deux parties et annonce, quelques années plus tard l’annexion des deux territoires. La guerre des Six Jours de 1967 a été le déclencheur d’un processus de judaïsation systématique des territoires qui continue jusqu’à l’heure qu’il est. Les plans, projets et initiatives de paix se suivent et se ressemblent. Ils visent à chaque fois de parer au plus pressé pour apaiser les tensions et interrompre, provisoirement, les agressions israéliennes lorsque leur gravité dépasse tout entendement. Au début, et le plus légendaire de ces plans de paix n’est autre que la fameux et non moins fumeux plan Rogers de 1968. Le diplomate américain était parvenu à faire admettre aux Arabes, notamment au président égyptien Jamal Abdennasser son plan de règlement. Un plan qui intervient après l’adoption par les Nations Unies de la résolution 242 à laquelle tous les textes ultérieurs, font référence, et qui avait mis fin aux hostilités de l’après-juin 1967. Ladite résolution appelle les parties en conflit à respecter les décisions onusiennes, principalement celle de 1947. Donc le retour aux frontières internationales. La guerre d’octobre 1973 a remis à l’ordre du jour la nécessité de lancer au plus vite des initiatives de paix plus sérieuses. Surtout après la réunion du Conseil national palestinien en 1974 et les résolutions qu’il a adoptées. Pour la première fois dans l’histoire de l’OLP, les courants modérés ont pu imposer leur point de vue et recueilli le soutien, plus ou moins formel, de la majorité des pays arabes. D’ailleurs a reconnaissance officielle, en 1974, par le sommet arabe de Rabat, de l’OLP comme représentant unique et légitime du peuple palestinien s’inscrit dans cette dynamique. En 1981, et à la suite de l’invasion du Liban par les troupes dirigées par Ariel Sharon, les plans de paix ont été relancés. Initiative arabe de Fès, déclaration européenne de Venise, deuxième Sommet de Fès, le CNP d’Alger qui proclame l’État palestinien sur les territoires de 1967… Les plans arabes, les initiatives jordanienne et égyptienne, les plans européens de paix et les projets américains, rien, absolument rien n’est venu changer fondamentalement la donne au Proche-Orient. L’option Arafat, malgré les trésors de patience et de souplesse dont il a fait montre, est en train de faire long feu. Sharon et le camp extrémiste sioniste en ont décidé autrement. Ils préfèrent les assassinats et les massacres au dialogue et à la paix. Celle-ci est plus que jamais improbable…

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