Des sous et des soucis

L’argentier du Royaume a eu le temps de se familiariser avec la réalité du pouvoir et de ses contraintes. À Fathallah Oualalou de l’USFP, qui s’est opposé bruyamment par le passé en faisant de l’opposition, a succédé un homme qui s’est assagi, un personnage qui a intériorisé la culture du gouvernement. Celui qui dénonçait à l’époque les institutions financières et leurs mains gantées qui étouffaient “le petit peuple“ est devenu, à la faveur de son arrivée en 1998 à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, plus conciliant ou plutôt compréhensif. Il a compris simplement qu’un pays sous-développé ou en voie de développement comme le Maroc est obligé de recourir, pour assurer le financement de divers projets socio-économiques, à la banque mondiale ou au FMI. En dehors de ces deux instruments, point de salut !
La politique de sauvegarde des grands équilibres, brocardée naguère par le professeur Fathallah, le ministre Oualalou en assure la continuité depuis l’avènement du gouvernement. Parfois avec plus de rigueur et de panache que ses prédécesseurs comme l’UC Mohamed Kabbaj.
Fathallah Oualalou a donc changé pour mieux être à la hauteur de ses hautes fonctions. Certainement qu’il n’a pas démérité puisque le Premier ministre, Driss Jettou, l’a reconduit. Loin de lui faire un procès d’intention ou de dauber sa reconversion, il s’agit plutôt de saluer son pragmatisme et son sens de la responsabilité. Un ministre des Finances, que l’on ne s’y trompe pas, est chargé avant tout de veiller au respect des équilibres budgétaires en se souciant de la ligne financière de l’État.
À partir de son poste d’observation privilégié, il sait mieux que quiconque, y compris ses collègues du gouvernement, ce qu’il faut programmer ou ne pas programmer comme dépense, les fonds publics qu’il faut débloquer pour tel ou tel projet, les ressources dont on a besoin pour combler un déficit…A priori, cela semble facile. Non, les sous ont toujours eu le don de créer des soucis…

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