Dr. Chliyah : « Hjiba est tirée d’affaire »

Dr. Chliyah : « Hjiba est tirée d’affaire »

ALM : Vous avez opéré, à deux reprises, la petite Hjiba au sein de la clinique des spécialités d’Agadir. Quelle est la situation médicale au juste de cette petite fille?
M’hamed Chliyah : Avec toute modestie, je pense que je suis la personne qui connaît le mieux cette affaire. Comme vous l’avez précisé, j’ai opéré la petite fille à deux reprises. La première opération a duré sept heures à la clinique des spécialités d’Agadir. Si je voulais amputer, cela aurait duré un quart d’heure. Mais, non. J’ai reconstitué l’os, les tendons, les vaisseaux et les nerfs. C’est grâce à cette opération que son pied a été définitivement sauvé. En d’autres termes, aujourd’hui il n’est plus question d’amputation. Hjiba est restée à la clinique pendant un mois. Quant à la deuxième opération, elle a été nécessaire car, de retour à Assa, les soins proférés à Hjiba n’étaient pas effectués de manière sérieuse. Elle est donc revenue chez moi avec une infection au pied. J’ai donc été obligé de lui faire une deuxième opération qui s’est très bien déroulée. Et elle est restée à la clinique pendant dix jours.

Mais il s’est avéré, par la suite, que son pied droit se développe moins vite que l’autre. Est-ce que c’est rattrapable?
C’est tout à fait normal. Les ba.-ha de l’orthopédie infantile le montrent. La petite Hjiba a effectivement ce problème. Mais vous devez savoir que dans ce cas, nous mettons en place un planning opératoire étalé sur plusieurs années. En somme, après lui avoir sauvé le pied, tout ce qui reste à faire est simple pour ne pas dire banal. Hjiba est tirée d’affaire. Je citerais également le problème du staphylocoque, par exemple, une infection très fréquente chez les enfants au Maroc. Là encore, nous mettons en place un planning opératoire qui dure cinq à six ans.

Qui a payé l’hospitalisation de Hjiba à la
clinique des spécialités?
Inutile de rappeler que la famille de la petite Hjiba est modeste et par conséquent elle a besoin de soutien financier. Concernant la première facture, j’ai moi-même contacté un homme d’affaires à Dakhla, Slouh Joumani, qui a accepté avec plaisir de payer le consommable, c’est-à-dire 21.000 DH. Même chose pour la deuxième opération, dont les frais ont été supportés par l’hôpital d’Assa. Pour ce qui est de mes honoraires, j’ai refusé de toucher un centime. J’ai opéré cette fille gracieusement. Et c’est peut-être pour cette raison que les parents, se sentant gênés, ont tenté de poursuivre le traitement dans des hôpitaux publics, comme l’hôpital militaire, le CHU Ibn Sina et l’hôpital Hassan II.

Que va-t-on faire à Hjiba à la clinique Agdal de Rabat?
Le chirurgien de la clinique Agdal m’a contacté pour en parler.
Il s’agira de lui placer un appareil pour permettre l’allongement du pied et qui coûte environ 11.000 DH. C’est un système extrêmement simple que la petite fille peut elle-même manipuler. Encore une fois, je précise que le plus dur a été de sauver le pied de Hjiba. Le reste est très simple. J’ai eu l’occasion de voir la petite fille à Rabat, il y a deux jours. Elle est très contente.

Certains séparatistes ont voulu s’emparer des détresses de cette fille et de sa famille à des fins politiques. Ils assurent que Hjiba ne peut être soignée qu’à l’étranger. Qu’en pensez-vous?
C’est du délire total. Nous avons au Maroc d’excellents chirurgiens capables d’opérer des cas beaucoup plus graves que celui de Hjiba. D’ailleurs, les compétences marocaines dans ce domaine sont reconnues par les professionnels du monde entier. Il suffit de participer à des congrès internationaux pour s’en apercevoir.

Vous, personnellement, avez-vous eu affaire à ce genre de patients, c’est-à-dire des victimes de mines antipersonnel?
Je pense sincèrement que je suis le chirurgien marocain qui possède le plus d’expérience dans ce domaine.  J’ai commencé à le faire lorsque j’effectuais mon service militaire. Aujourd’hui, j’opère dans la clinique des spécialités d’Agadir un nombre considérable d’étrangers qui viennent spécialement pour cela. Le dernier en date est un Allemand. Il a subi, sans succès, dans son pays, deux interventions sur la colonne vertébrale. Il est venu à Agadir, où il a bénéficié des dernières technologies existantes. Maintenant il se porte à merveille. Je peux vous assurer qu’une opération sur la colonne vertébrale est dix fois plus délicate que celle de Hjiba.

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