Driss Chouika : «Ce cahier des charges assure un contrôle plus rigoureux de l argent public»

Driss Chouika : «Ce cahier des charges assure un  contrôle plus rigoureux de l argent public»

ALM : Quel est l’objectif de ce nouveau cahier des charges pour les subventions aux productions cinématographiques ?
Driss Chouika : On a pris part, en tant que Chambre nationale des producteurs de films, à l’élaboration du nouveau cahier des charges du fonds de soutien aux productions cinématographiques. Même si durant les 6 mois de sa préparation il y a eu des divergences, on a abouti à un compromis globalement satisfaisant entre tous les intervenants. Le but de ce cahier des charges est de réorganiser l’emploi des avances sur recette. Il apporte par là de nouvelles procédures. Plus complexes, celles-ci peuvent peut-être poser problème pour des producteurs, mais elles servent l’intérêt de tous parce qu’elles assurent plus de contrôle, plus de suivi et imposent un nombre important de justificatifs concernant l’emploi du budget. Il est donc question de plus de rigueur, mais également de moins de longueur dans l’exécution en fixant un calendrier bien précis.

Quels sont les détails de ce cahier des charges ?
Ce cahier des charges prévoit surtout un soutien financier plus important. Le fonds de soutien dispose d’un total de 60 millions DH par année. Le gouvernement a même promis qu’il atteindrait 100 millions DH dans 2 ou trois ans. Et désormais chaque film retenu par la commission d’aide recevra automatiquement deux tiers du budget global du projet de film, l’autre tiers doit être assuré par le producteur. Le plafond de l’aide pour un long métrage est de 10 millions DH. Ce cahier des charges prévoit aussi un calendrier précis. Ainsi, la première tranche de la subvention doit être versée 4 semaines avant le tournage. La deuxième, au milieu du tournage et la troisième en fin de tournage. Une 4ème tranche a pour but d’inciter à la qualité, dans ce sens elle n’est pas automatiquement versée, cela dépend de la qualité de la production aux niveaux esthétique et technique et du respect du scénario entre autres critères.

Qu’en est-il de la commission qui octroie ces aides et dans quelle mesure la liberté de création est-elle assurée?
C’est le ministre qui nomme les membres de la commission sur proposition du CCM et des Chambres professionnelles. Ce jury est composé de cinq hommes de lettres, trois experts ou professionnels du cinéma et un représentant de chaque organe concerné, à savoir le CCM, le ministère des finances, le ministère de la communication et, nouveauté, un représentant du ministère de la culture. Ce cahier des charges a principalement pour objectif d’assurer un contrôle plus rigoureux de l’argent public, il garantit aussi de manière explicite la liberté de création. Par ailleurs, au-delà du cahier des charges, cette liberté de création est désormais un acquis consolidé par la lettre adressée par SM le Roi aux Assises nationale sur le cinéma dans laquelle le Souverain a souligné la place importante du cinéma national dans le rayonnement de la culture et de l’identité multiple du Maroc.

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