Droits de l’Homme : Carton rouge pour le gouvernement !

Droits de l’Homme : Carton rouge pour le  gouvernement !

Aucun des domaines qui composent le champ des droits de l’Homme au Maroc n’a trouvé gré aux yeux de Khadija Erryadi qui présidait, jeudi à Rabat au siège du Syndicat de la presse, une réunion d’information avec les médias sur la pratique des prérogatives et des libertés du citoyen au cours de ces derniers mois. La militante sociale qui préside la coalition marocaine des organismes de défense des droits humains- un ensemble fort de 18 associations agissant dans le domaine- a en fait dressé un sombre tableau de la situation au Maroc la qualifiant de critique. En seulement quelques mois, a-t-elle estimé, il y a eu un recul qui a presque réduit à néant les modestes progrès réalisés jusqu’ici. Khadija Erryadi, qui lisait le rapport circonstancié rédigé par la coalition, a déclaré que la situation s’est tellement détériorée qu’il est urgent que les défenseurs des droits de l’Homme mettent en commun leurs ressources et joignent leurs efforts pour y remédier. «Je lance ici un appel à toutes les organisations et les invite à faire front commun devant les agissements du gouvernement et des forces rétrogrades», a-t-elle déclaré. La militante des droits de l’Homme a, en effet, considéré que «ces derniers mois», le Maroc a reculé sur l’ensemble des progrès et des avancées réalisés dans un passé proche et que la répression, les arrestations et les jugements arbitraires se banalisent. Elle a estimé que ces reculs sont particulièrement manifestes sur le plan législatif et de la conformité au droit international. Elle a donné comme exemple le refus d’associer les organisations non-gouvernementales à la discussion des lois et a cité la législation «scélérate» qui brime la presse. Khadija Erryadi a également pointé du doigt les agressions perpétrées contre les libertés collectives et individuelles telles que la limitation de la liberté d’expression, les enlèvements et les jugements arbitraires comme celui au cours duquel a été condamné à une peine de prison le rappeur El Haked. La présidente de la coalition des organismes de défense des droits humains a vilipendé par ailleurs la justice d’exception rendue sous couvert de lutte contre le terrorisme et a qualifié de négative la démarche suivie pour refonder le système judiciaire. Elle a formulé des critiques aussi acerbes à l’encontre de la situation des droits sociaux, économiques et culturels du citoyen mettant plus particulièrement en évidence les résultats de la réforme de l’enseignement qui après avoir englouti des milliards et pris des années d’effort a engendré 30% d’analphabètes. Elle a dénoncé les pratiques d’un système de santé dont les hôpitaux présentent des portes closes aux malades et dit les insuffisances d’un Ramed condamné à végéter autant par manque de ressources que par absence de vision. Le rapport de la coalition a violemment critiqué la détérioration du pouvoir d’achat induite par l’enchérissement des carburants, la situation de l’emploi – en particulier celui des jeunes -et «l’exploitation des ressources menée de manière si effrénée et si inconsidérée qu’elle accélère la dégradation de l’environnement comme jamais auparavant». Le rapport a, en outre, fait grand cas de la situation dans les prisons et de l’évolution des droits de la femme qu’il a jugées toutes les deux de déplorables. La coalition a également estimé que le non-respect des droits des étrangers originaires de l’Afrique subsaharienne contribue à favoriser l’émergence de la xénophobie, pratique contraire à l’esprit de fraternité et de tolérance propre au peuple marocain. Elle a appelé à la sauvegarde des droits et de la dignité des étrangers subsahariens au Maroc et a invité à faire la lumière sur les agressions dont ils sont de plus en plus victimes.

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