Du 16 mai à Casablanca au 11 mars à Madrid

Il existe un lien entre les attentats de Madrid et ceux de Casablanca. L’araignée qui a mordu ici et là a, semble-t-il, tissé une toile qui lui permet de circuler entre l’Espagne et le Maroc. A preuve, parmi les trois ressortissants marocains, interpellés samedi à Madrid dans le cadre de l’enquête, figure Jamal Zougam. Il a été établi par le célèbre juge d’instruction espagnol, Baltazar Garzon, que ce dernier a habité chez Abdelaziz Benyaïche, inculpé parmi les membres de la cellule d’Al Qaïda, démantelée en 2001 en Espagne.
Jamal Zougam avait été relâché à l’époque, parce que rien ne prouvait qu’il était membre du réseau d’Al Qaïda. Les choses risquent de prendre une autre tournure aujourd’hui. Et Casablanca ? L’hôte de Jamal Zougam a un frère, Salaheddine Benyaïche, qui a été arrêté par les services de sécurité marocains pour son implication dans les attentats perpétrés le 16 mai à Casablanca. Un Marocain, interpellé par les services de sécurité espagnols, a été hébergé par un autre Marocain, inculpé dans un procès contre Al Qaïda, frère lui-même d’un autre Marocain impliqué dans les attentats de Casablanca. La coïncidence est trop frappante pour être un simple fruit du hasard. Autre curiosité des Benyaïche: leur soeur est membre du Bureau exécutif de Tanger du parti de la Justice et du développement (PJD) ! Il faut toutefois s’interdire d’établir un lien de complicité entre Jamal Zougam et Abdelaziz Benyaïche avant l’aboutissement de l’enquête.
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Angel Acebes, a annoncé samedi que trois Marocains et deux Indiens avaient été interpellés “pour implication présumée dans la vente et la falsification du téléphone mobile et des cartes sim trouvés dans le sac qui n’a pas explosé“. Il a ajouté que certains des hommes arrêtés étaient peut-être liés à des activistes marocains, mais qu’il était encore trop tôt pour l’affirmer avec certitude. Les services de sécurité marocains travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues espagnols, dans le cadre de cette enquête. Une équipe de la sécurité marocaine s’est rendue en Espagne dimanche. Il est clair que l’arrestation des trois ressortissants marocains est au coeur de ce déplacement. D’emblée, l’arrestation des Marocains fait appréhender des réactions xénophobes.
L’ONG espagnole “SOS Racisme“ a anticipé sur l’issue de l’enquête en appelant, samedi, à éviter “la généralisation et la criminalisation“ de tous les musulmans et arabes vivant en Espagne. Les Marocains représentent la plus importante communauté d’immigrés en Espagne. Il est vrai que les rapports des Espagnols avec les Marocains n’ont pas été exempts de cahots. En cas d’implication de certains d’entre eux dans les attentats de Madrid, il faut s’attendre à l’irruption de tous les préjugés contre le moro.

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