Éditorial : Difficile équilibre

Personne ne peut contester les progrès réalisés dans le domaine des libertés individuelles et collectives ainsi que des droits de l’homme dans notre pays. Même les plus irréductibles défenseurs de l’opposition systématique, marocains et étrangers à la fois, sont acculés à l’admettre par la force des choses. Certes les textes relatifs aux libertés dans toutes ses formes et catégories ainsi que le respect des droits humains, ne sont jamais parfaits. Bien au contraire, ils sont parfois mal interprétés dans leur application, mais tout reste perfectible avec le temps et la volonté politique des uns et des autres. En tous les cas, notre pays a fait des pas géants dans ce domaine même si certaines poches de résistance continuent à s’opposer à cette ouverture. Mais ces cas sont de plus en plus isolés et n’ébranlent en aucun cas la détermination des citoyens à jouir pleinement de ses droits. Ceci étant les cas isolés d’infractions aux lois se produisent dans les pays les plus anciennement ancrés dans la démocratie comme les Etats-Unis et la France. Mais il ne faut pas pour autant baisser les bras et croire à une quelconque fatalité quant aux difficultés qui entravent la bonne applicabilité de la loi. Celle inhérente au nouveau code de procédure pénale est tout aussi novatrice dans son approche même si elle arrive pour compléter tout un système d’une série de loi sur les libertés. Cette loi est donc par définition imparfaite même si elle apporte un arsenal juridique impressionnant qui défend les droits de l’accusé dans toutes les phases d’instruction. Encore faut-il que ces textes puissent trouver l’équilibre qui puisse à la fois garantir les droits de l’accusé et ceux tout aussi importants, de toute la société. Ce qui n’est pas un exercice facile dans un environnement social de plus en plus hostile, aggravé par la mondialisation du terrorisme. Normal donc que certains articles de la loi anti-terrorisme ne soient pas en conformité avec la tendance du renforcement des libertés individuelles. Mais il faut admettre que face aux risques qu’encourt la sécurité du pays, les députés toutes tendances confondues, ont approuvé cette loi à l’unanimité. Le traumatisme du 16 mai est encore vivace dans les esprits pour que l’on oublie que la prévention n’a pas de prix. Bien au contraire, car depuis ces attentats atroces, personne n’a de pitié pour ces illuminés qui n’ont aucun respect pour la vie donnée par Dieu. La loi traite différemment les autres accusés dont les droits ont été considérablement renforcés, surtout le principe de la présomption d’innocence. Encore faut-il donner aux policiers et aux magistrats tous les moyens humains, financiers et techniques pour appliquer toutes les dispositions de cette loi. L’amélioration des conditions de détention suppose des locaux de police et de cellules plus appropriés à des accusés supposés innocents jusqu’à leur condamnation ou leur acquittement par la justice. L’applicabilité de ce nouveau code pénal reste toutefois tributaire de la condamnation de tout dérapage du magistrat ou du policier qui ne respecte pas la loi.

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