Éditorial : Ménard le veinard

Éditorial : Ménard le veinard

Le nouveau Ménard est né. Au Maroc. Après avoir pendant longtemps insulté le pays menaçant de lui "faire très mal" pour cause de prétendues atteintes à la liberté d’expression, le patron de Reporters sans Frontières (RSF) trouve tout à coup que le Royaume est devenu fréquentable. Quel extraordinaire retournement de situation! Il n’en fallait pas plus pour qu’on lui déroule le tapis rouge ou presque, le Maroc lui pardonnant en bon père de famille ses excès de langage de naguère. On gomme tout et on écrit une nouvelle page comme des grands. Sans rancune. Preuve, il a été reçu par les officiels marocains dont le ministre de la Communication avant de clôturer en beauté son séjour de “prospection“ avec la foi du converti par un point de presse à Casablanca où il s’est permis de conseiller à S.M le Roi de donner une conférence de presse aux journaux nationaux. Qui a dit que Ménard n’était pas attentif aux désirs des médias locaux ?  
Belles images donc de retrouvailles. Tout baigne. Ne manquait plus au tableau des médailles que le trophée Ménard. Désormais il y est accroché. Où est le problème ? Est-ce à dire que le Maroc n’aura plus à craindre à l’avenir les critiques véhémentes de RSF et de son patron ? En fait, on ne sait pas qui gagne dans cette histoire, le Ménard ou le Maroc ?      
Robert Ménard était visiblement soit mal informé sur les progrès réalisés par le Maroc en matière de liberté d’expression et de liberté tout court, soit induit en erreur par ses copains de la presse marginale et néanmoins nihiliste.  
Pour quelqu’un qui se veut un  journaliste vigilant et objectif, c’est pour le moins étonnant. S’il est des gens qui ne vont pas apprécier du tout la nouvelle attitude du soldat Ménard c’est bien certains de ses confrères locaux qui appelaient RSF à la rescousse au moindre problème pour les défendre. Ces derniers n’ont qu’à se fendre d’une enquête style, "Pourquoi Ménard en pince soudain pour le Makhzen ?"
Maintenant qu’il a fait amende honorable, reste quand même une petite remarque : le peu d’enthousiasme que met Robert Ménard dans la défense des journalistes algériens embastillés à tour de bras par Abdelaziz Bouteflika. Chose que le Maroc n’a jamais fait au plus fort des supposées atteintes à la liberté de la presse dénoncées par RSF. Mais Robert Ménard ne peut visiblement rien pour aider Mohamed Benchicou et ses confrères d’infortune.
Le patron de RSF est tellement séduit qu’il reconnaît préférer pour ses vacances le Maroc plutôt que l’Algérie ou la Tunisie. Deux pays trop risqués à ses yeux où il dit craindre pour son intégrité physique.  Que d’années perdues à dénigrer une nation à l’hospitalité et à la générosité légendaires. Mais Robert Ménard, maintenant qu’il a compris les subtilités des choses, est résolu à se rattraper. Rien ne vaut un bon verre de thé à la menthe et un méchoui savoureux sous l’ombre des palmiers. Tant pis pour Benchicou et les autres. 

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