Éditorial : Nouveau front à Laâyoune

On a trop longtemps critiqué la faiblesse des pouvoirs publics marocains sur le front de la communication par rapport à l’affaire du Sahara pour ne pas se réjouir aujourd’hui de leur sursaut fut-il un peu tardif . Ce dernier a pris les traits d’un projet d’une télévision régionale à Laâyoune.
Disposant déjà d’une radio AM, cette ville sereine et conviviale sera bientôt dotée d’une couverture à la fois terrestre et satellitaire qui arrosera l’ensemble des provinces du Sud.
Ambitieux, le projet est bien ficelé et il ne reste plus que la mise en service de la station. Celle-ci se veut d’abord un outil d’information destiné aux Marocains séquestrés à Tindouf en Algérie mais aussi aux égarés des camps de Lahmada. Il s’agit tout simplement de montrer aux uns et aux autres le Maroc.
Le Maroc, à travers des programmes divers adoptant un ton audacieux dans sa véritable dimension, avec ses progrès, ses ambitions, ses chantiers de développement et ses problèmes. Ce que nos compatriotes des camps n’ont pas l’occasion de connaître, séquestrés dans un univers inhumain et gavés qu’ils sont de la propagande polisarienne basée sur le mensonge et la mystification. L’image peut ici jouer un rôle salutaire pour rétablir la vérité sur l’affaire du Sahara marocain, révéler les véritables visées des adversaires de l’intégrité territoriale du Royaume et présenter un pays en plein mouvement, tourné vers l’avenir et attaché à chaque arpent de son territoire. Une télévision donc pour les provinces du Sud. Cette opération, qui fait entrer le pays dans une nouvelle phase d’explication de sa cause sacrée, vise aussi à contrecarrer les menées médiatiques du polisario qui, en plus d’une radio captée au Sahara, utilise à fond la carte de l’Internet, déversant sans répit dans la toile contre-vérités et logorrhées interminables qui ont permis aux séparatistes de s’attirer les sympathies de certains pays et d’accréditer l’idée d’une minorité spoliée de sa terre alors que le Maroc est bien chez lui au Sahara.
À l’intox du polisario et de ses protecteurs, le Maroc entend répondre tout simplement par l’information cathodique, loin de toute surenchère de quelque nature que ce soit.
Cependant, il ne suffit pas de lancer une télévision pour que l’objectif escompté en termes d’audience soit atteint. Pour tout projet télévisuel, la bataille du contenu, tout aussi importante que celle de la forme, doit être gagnée rapidement. Pour cela, la télévision de Laâyoune ne doit pas être une sous-télé qui verse dans le folklore et la langue de bois, mais une vraie chaîne locale qui se nourrit du professionnalisme de ceux qui ont la charge d’en assurer l’animation.
C’est un nouveau front de grande importance qu’ouvre le Maroc dans son Sahara. Il est tenu pour cela à une obligation de résultat qui soit à la hauteur des desseins nourris par l’ensemble des Marocains pour cette partie du Maroc.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *