Éditorial : Schizophrénie espagnole

On ne sait pas s’il s’agit de vrais ou de faux intellectuels espagnols. Mais en tout cas, un collectif de 500 membres “soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination“ s’agite actuellement à Madrid avec force lettres de protestation auprès des responsables du gouvernement et de la classe politique. Objectif de cette campagne : obtenir que le Maroc accepte “sans conditions“ la visite d’une prochaine délégation du Parlement espagnol pour s’enquérir de la situation des droits de l’Homme dans le Sahara marocain suite aux derniers événements de Laâyoune. En fait, une manifestation fomentée en sous-main par le Polisario et ses sponsors et qui , il faut le souligner, relève d’un problème de trouble de l’ordre public qui a en plus été résolu sans effusion de sang. Et puis, le Maroc, qui a déjà refoulé deux délégations en toute légalité, est un pays souverain qui n’a pas à tolérer, de quelque partie tierce que ce soit, le droit d’ingérence dans ses affaires internes. Ce droit intangible, ces amis du Polisario le dénient bizarrement au Royaume d’une manière scandaleuse, se comportant avec lui comme si c’était une petite province rattachée au pouvoir central espagnol et qui devait céder aux lubies des lobbies en ouvrant ses portes aux commissions d’enquête. On en est là aujourd’hui avec les milieux espagnols dont l’hostilité à la marocanité du Sahara est une seconde nature. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’excellence des relations politiques entre le parti socialiste au pouvoir et le gouvernement marocain profite peu au dossier de l’intégrité territoriale du Maroc. Bien au contraire. Il y a un décalage énorme entre la réalité des rapports actuels entre les deux parties et la position des partis espagnols et de l’opinion locale vis-à-vis de l’affaire du Sahara. Sur ce front, rien n’a changé. C’est l’équation complexe qui se pose aux responsables marocains et espagnols.
L’affaire sacrée du Royaume, telle qu’elle est perçue en Espagne, est au mieux très mal comprise, au pis victime d’une mauvaise foi caractérisée. Plus grave encore, les intellectuels espagnols sympathisants de la bande à Abdelaziz font preuve en la matière d’une schizophrénie flagrante. Ils sont contre le séparatisme basque qu’ils dénoncent régulièrement comme un seul homme et, en même temps,  soutiennent à visage découvert le même phénomène pour ce qui est du Maroc. Ce qui est mauvais pour l’Espagne serait-il bon pour son voisin du sud? En outre, ils se permettent d’interpeller le ministre espagnol des Affaires étrangères dont ils déplorent la “partialité et le non-respect de la légalité internationale sur le dossier du Sahara marocain”.
Le Maroc, qui s’est toujours refusé d’appuyer les mouvements séparatistes, n’est pas une force d’occupation. Il est bel et bien chez lui dans ses provinces du sud. Il est pourtant facile de le constater sur place mais à condition de se débarrasser des préjugés.               

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