Éditorial : Transparence

Les marchés publics sont incontestablement la première source d’accroissement de l’activité économique. L’Etat, qui est le premier consommateur dans tous les pays du monde, parvient via le lancement d’appels d’offres à créer un effet de croissance de l’économie qu’aucune autre entité ne réussirait à égaler. En plus, les marchés lancés par l’Etat sont censés être destinés à satisfaire un besoin en infrastructures ou en services publics ce qui a un effet direct sur le développement socio-économique du pays. Les marchés publics sont donc l’un des principaux moteurs de la croissance économique et du développement du pays.
Toutefois, cette capacité de développement de l’économie nationale que les marchés publics réussissent à promouvoir directement ou indirectement est assujettie à la condition de la transparence et au respect des procédures qui régissent leur octroi. Car, dans le cas contraire, ces marchés deviennent une source de corruption de tout le système public, provoquant un effet inverse sur l’économie nationale et créant une rupture de la confiance qui devrait prévaloir entre l’Etat et les citoyens.
Aussi, l’Etat doit-il faire de la transparence dans l’octroi des marchés publics un objectif prioritaire afin de préserver toujours un climat de confiance dans l’Etat et de permettre ainsi l’affluence de l’investissement national et étranger. Un investissement qui craint toujours le climat malsain où règnent la corruption et l’inégalité des chances entre les opérateurs économiques.
C’est dans ce cadre que le gouvernement de l’alternance, conscient de l’importance de l’assainissement du climat socio-économique en général, s’était fixé, dès son investiture en 1998, comme objectif de travailler dans le sens d’une meilleure transparence dans les procédures de désignation des lauréats des marchés de l’Etat. À cette fin, il élabora et adopta, en décembre 1998, un décret portant loi fixant les conditions et les modalités de passation des marchés publics. Il avait aussi lancé une campagne sur la moralisation de la vie publique dont l’un des principaux volets était celui de combattre la corruption dans l’octroi des marchés de l’Etat. Toutefois, ces efforts n’ont pas réussi à lutter contre ce fléau. Certes, il y aurait, selon les observateurs, une certaine régression dans l’octroi douteux desdits marchés, mais, il est certain que le mal continue de ronger la santé de l’économie nationale.
Cela dit, il est légitime de se demander sur l’intérêt d’adopter une loi si l’on ne la dote pas des mécanismes nécessaires au contrôle de son respect. Faut-il rappeler qu’au Maroc, il n’y a jamais eu de procès intenté contre des responsables ayant procédé à l’octroi de marchés publics en violation de la loi en vigueur. Hormis le cas de l’affaire Slimani-Laâfora, le nombre de dossiers soumis à la justice dans ce domaine reste très limité.
Ainsi, une réflexion sur la création d’un service indépendant spécialisé dans le contrôle et l’audit des marchés publics s’impose afin d’éviter que celui qui octroie un marché soit aussi la personne chargée d’en assurer la transparence.

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